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25/04/2017 • Entreprises

Whirlpool Amiens : "du jour au lendemain, on nous jette"

 Ludovic Creusé, délégué syndical suppléant CFE-CGC : « Nous avons fait des efforts car nous étions fiers de travailler pour Whirlpool, et du jour au lendemain, on nous jette ».

 

Le fabricant américain d'électroménager a annoncé la fermeture de l'usine d'Amiens en juin 2018 pour délocaliser sa production de sèche-linge en Pologne. Le 18 avril, les salariés se sont rendus à Paris pour interpeller les candidats à la présidentielle. Rencontre avec Ludovic Creusé, DS suppléant CFE-CGC chez Whirlpool Amiens.

 

Les salariés de Whirlpool Amiens se sont déplacés à Paris. Dans quel but ?

Ludovic Creusé : Nous sommes allés au siège social de Whirlpool, à La Défense, pour rencontrer nos dirigeants et les salariés parisiens, et leur faire part de notre situation, aussi bien au niveau du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) que de la recherche d'un repreneur. Dans l'après-midi, sur le Champ-de-mars, devant le monument des droits de l'Homme, nous avons interpellé les candidats à la présidentielle afin de leur demander d'assurer une continuité sur notre dossier, après l'élection.

 

Combien d'emplois sont menacés sur le site Whirpool d’Amiens?

L. C. : 280 emplois sont touchés par une délocalisation. Si aucun repreneur n'est trouvé, ce sont donc autant de personnes qui vont se retrouver « sur le carreau ». Je rappelle que les salariés ont en moyenne 48 ans et 25 ans d'ancienneté. Quel sera leur avenir ?

 

Où en est le dossier aujourd'hui ?

L. C. : Nous avons réussi à établir une commission de suivi tripartite entre les organisations syndicales, les Hauts de France et le gouvernement pour le suivi du PSE. Des expertises financières des repreneurs vont être réalisées ainsi que des audits pour évaluer les projets industriels.  

 

Quid du dialogue social ?

L. C. : On ne peut pas vraiment parler de dialogue social. Après quatre réunions, nous sommes à peine arrivés aux « préliminaires » du PSE. Nous ne sommes pas encore entrés dans le dur ; or il ne nous reste que cinq réunions. Le reclassement et le budget formation n'ont toujours pas été abordés. Il s'agit pourtant là de sujets clés ! Nous n'avons pas de réponses si ce n'est  "je prends note, je vais voir avec mon avocat, je vous réponds la semaine prochaine ».

 

Dans quel état d'esprit sont les salariés ?

L. C. : Ils sont en colère. Nous avons déjà subi beaucoup de réorganisations et nous avons fait beaucoup de concessions : sept ans de gel des salaires, réorganisation des RTT à deux reprises, notamment dans le cadre de l'accord de compétitivité négocié avec la direction.

En décembre 2016, nous avons de nouveau interpellé la direction pour refaire un accord de compétitivité car nous sentions bien qu'il allait se passer quelque chose. On nous a répondu qu'il n'y avait rien à négocier.

Nous avons toujours fait des efforts car nous étions fiers de travailler pour Whirlpool. Et du jour au lendemain, on nous dit qu'il n'y a plus rien à négocier et on nous jette comme de vieilles chaussettes.

 

Où en êtes-vous concernant le repreneur ?

L. C. : Pour l'instant, on recense une quinzaine de projets. Mais ce ne sont que des projets ! On devrait avoir de réponses plus fiable fin juin, en même temps que le PSE. Les deux négociations se marchent un peu dessus - ça ne facilite pas le travail de recherche d'un repreneur, d'ailleurs...

 

Un message à faire passer ?

L. C. : Avec le gouvernement, nous faisons pression sur la direction pour arriver à avancer. Il est urgent de négocier. Aujourd'hui, les salariés assurent encore la production, mais jusqu'à quand ?

 

Propos recueillis par Cecilia Escorza

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