
En ce début 2008, la seule vraie bonne nouvelle concerne l'emploi dont l'embellie se confirme mois après mois et devrait se poursuivre en 2008.
Même si les emplois créés sont en majorité d'intérim ou en CDD, le nombre de ménages en difficulté diminue, et donc en moyenne, le pouvoir d'achat par ménage s'améliore. Pour le reste, les perspectives économiques 2008 sont assombries par trois actualités. Tout d'abord, la crise dite des « subprimes », déclenchée par l'imprudence des organismes de crédit américains et par la mise sur les marchés financiers de ces créances douteuses n'a pas fini de faire des dégâts, y compris en Europe. L'ampleur des défauts de paiement des emprunteurs contraint les banques à faire état des pertes qu'elles avaient occultées l'an dernier. Bref : la confiance interbancaire a disparu, et le crédit est devenu plus coûteux. Pire, c'est toute l'activité immobilière américaine qui est touchée, faisant craindre que 2008 ne soit une année derécession, avec dégradation de l'emploi et de la consommation, ce qui se répercuterait forcément en Europe, à commencer par la Grande Bretagne, et dans le reste du monde, à commencer par le Japon...
L'inflation, le retour
La deuxième actualité est la reprise d'une inflation que l'on croyait disparue. Les hausses des prix de l'énergie (pétrole, gaz, charbon), des prix des matières premières (matériaux de construction : ciment, acier...) et des prix alimentaires (maïs, blé, colza... à cause de la demande en carburants soitdisant « bio » ; viandes rouges...à cause de l'adoption des habitudes alimentaires occidentales par les pays en développement) se répercutent plus ou moins directement à la consommation. Eurostat établit pour les pays européens un taux d'inflation annuel de 3,1 % en décembre. Celle-ci devrait se poursuivre en 2008. Une inflation modérée n'est pas une catastrophe, sauf si les efforts pour l'endiguer sont excessifs et mènent à la déflation, auquel cas, c'est la croissance - et notre pouvoir d'achat - qui souffriraient.... La troisième actualité qui persiste, c'est la volonté américaine d'amoindrir par tous les moyens la colossale dette US : Elle laisse délibérément le dollar perdre de sa valeur. En un an il a perdu 10 %, et la dette US de même, évidemment... Pour d'autres raisons, de taux d'activité de leur main d'oeuvre, les autorités chinoises laissent glisser la parité du yuan. En conséquence, inévitablement, l'euro s'apprécie à l'excès, handicapant l'activité européenne et provoquant désormais l'inquiétude des milieux financiers et industriels...
Russie, Chine, Inde : trio gagnant
Les effets négatifs de la conjoncture touchent peu les pays émergents, et ils pourraient bien conserver leurs dynamismes au cours de l'année 2008 : La Chine, au yuan notoirement sous-évalué, l'Inde, en phase de décollage largement autarcique et la Russie, exportatrice majeure d'énergie, seront certainement les pays moteurs de la croissance. Désormais, les industriels des pays émergents se lancent dans des domaines nouveaux pour eux : automobile et pharmacie par exemple. Leur dynamique atténue le ralentissement de la croissance mondiale de ce début d'année 2008. Pour l'ensemble de la zone Euro, l'INSEE l'estime à - 0,4 % pour les deux premiers trimestres. La BCE s'inquiète de la montée de l'inflation et n'est pas prête à baisser les taux d'intérêt. Il serait cependant catastrophique pour la croissance qu'elle les augmente ! En France, les prévisions de la Banque de France annoncent maintenant une croissance de 1,9 %. L'inflation chiffrée à 2,6 % au mois de décembre, aurait pour moyenne 1,5 % en 2007, mais nous savons tous que ce chiffre sera (largement) dépassé. D'après les
prévisions de l'OCDE, le repli du chômage se poursuivrait, bien qu'à un rythme moins élevé, mais aucune amélioration du déficit budgétaire français n'est attendue. Néanmoins, les exportations continueront à souffrir du taux de change défavorable. Conséquence directe de toutes ces prévisions, un ralentissement du pouvoir d'achat unitaire des français est attendu au cours du premier semestre 2008.