
Un billet d'humeur de Gérard Labrune, secrétaire général, qui s'interroge sur le peu de réactions engendrées par le taux d'abstention aux élections européennes, alors que l'abstention aux dernières élections prud'homales avait fait jaser. Deux poids, deux mesures...
Billet d’humeur
À propos d’abstention
Notre grande satisfaction du succès rencontré par notre organisation syndicale, à l’issue des élections prud’homales fut souvent refroidie par des mines, des postures, des discours nous incitant à relativiser !
L’abstention est telle que la question se posait chez certains (et non des moindres) de savoir si l’on devait, à l’avenir, tenter une fois encore d’améliorer le système de vote ou plus radicalement d’en changer.
Les pistes avancées furent doubles. Soit la désignation par les organisations syndicales des juges prud’homaux en fonction du poids électoral obtenu, mesuré à l’aune d’élections précédentes. Soit encore des désignations faites par de « grands électeurs » (délégués syndicaux issus des nouvelles dispositions de la loi de représentativité du 20 août 2008).
Il est toujours possible pour l’arroseur d’être arrosé et ses bons sentiments peuvent parfois lui être opposés pour peu que malgré ses efforts pour faire prospérer la graine de carotte il ne récolte qu’un navet…
Or, les élections européennes dont personne ne mésestime les enjeux, viennent de « récolter » 60% d’abstention.
Le rapprochement de ces deux événements, même s’il faut le relativiser, pourrait provoquer l’ironie et le parallélisme des raisonnements.
Alors, à quand les désignations de Mesdames et Messieurs les députés européens proportionnellement aux plus proches élections passées (par exemple la chambre des députés) ? Certes, cette élection concernait l’Europe mais en a-t-on vraiment parlé ? Et ceux qui en ont parlé pensaient-ils vraiment à elle ?
Les enjeux nationaux étaient si présents qu’on aurait peut être pu faire l’économie d’une campagne dont le coût aurait été utilisé à des sujets sociaux très prégnants particulièrement en cette période de crise.
Gérard LABRUNE