Lettre confédérale N°1195 du 7 mars 2008

La lettre confédérale

Lettre confédérale N°1195 du 7 mars 2008
L'Edito :

Une partie mal engagée

.
Les scories de l’affaire UIMM n’en finissent pas de polluer le débat social si important pour dégager un consensus entre partenaires sociaux qui permette de dynamiser notre croissance. Et cela au service de l’emploi, de salariés bien payés et bénéficiant d’une bonne protection sociale.
 
Le coup de gueule de Laurence Parisot est compréhensible. Je n’ai jamais admis les insinuations de financement syndical par des valises de billets retirés des coffres de l’UIMM. La justice fera-t-elle diligence pour éclairer ce dossier ? Seule la transparence fera table rase du passé et assainira, une bonne fois pour toutes, les règles du jeu.
 
Au-delà, le bras de fer entre le MEDEF et sa fédération des métiers de la métallurgie sur les mandats détenus par cette dernière pose une vraie question. Y a-t-il suffisamment d’acteurs engagés, disponibles et au fait de métiers de plus en plus techniques et complexes pour assurer la gestion paritaire des organismes sociaux ? C’est là l’un des enjeux principaux des débats et négociations en cours sur la représentativité et le dialogue social. Il est essentiel de faire en sorte que les représentants des employeurs et des salariés aient les moyens d’agir et de se consacrer, parfois temporairement, à leurs missions. D’où l’importance du Contrat d’engagement social proposé depuis plusieurs années par la CFE-CGC. Sinon, tout sera géré par la puissance publique, les lois, les décrets et règlements sociaux jusqu’à l’ensemble des cotisations sociales et de leurs affectations.
 
Il est par ailleurs paradoxal de constater que nos chantres du privé et du libéralisme verraient d’un bon œil notre protection sociale solidaire entièrement nationalisée ! Les mêmes songent, cependant, à laisser chacun se débrouiller pour faire face aux aléas de la vie via les assurances individuelles. Décidément, il est temps d’y voir clair sur la réforme des prélèvements obligatoires et la vraie définition du partage des rôles ou de la complémentarité public/privé.
 
Dans le même temps, notre pays poursuit sa paupérisation. À l’heure où les retraités manifestent, les chiffres du chômage seraient censés nous redonner le moral. Certes, l’économie française a créé 300 000 emplois l’an dernier. Mais plus de 50 000 emplois industriels ont été détruits. Il manque environ 3 millions d’emplois pour une économie comme la nôtre. Nous assistons, de plus, à un glissement d’emplois correctement payés vers d’autres, notamment dans les services à la personne (1,9 million de salariés travaillant en moyenne 15 heures par semaine) qui ne permettent pas de vivre décemment.
 
Nous savons que la compétitivité française a une formidable marge de progression. Mettons plutôt notre énergie à définir les axes du progrès pour mieux le partager.
Bimensuelle, "La Lettre" est le lien syndical de la Confédération. Son contenu est indexé et vous permet, par le moteur de recherche, de consulter et d'exploiter l'ensemble de l'information rendue publique par la CFE-CGC.
 
"La Lettre confédérale" a pour vocation de rendre compte, aussi, de vos informations de militants CFE-CGC : vos actions dans vos structures, vos messages d'intérêt général, les extraits de vos interventions dans les médias... une démarche qui n'est possible qu'avec votre concours. Ici, la "remontée d'informations" est essentielle pour assurer le succès de cette interactivité.
C'est la raison pour laquelle la rédaction met à votre disposition un e-mail spécifique : lettreinfo@cfecgc.fr . Grâce à cette boîte aux lettres informatique, vous pouvez faire parvenir vos informations directement à la rédaction.
 
"La Lettre confédérale" publication officielle de la Confédération française de l'encadrement CGC
59/63 rue du Rocher, 75008 Paris
Tél : 01 55 30 12 59. Fax : 01 55 30 12 60.
 
Directeur de la publication : Bernard Van Craeynest
Rédacteur en chef : Michel Ciesiolka
Assistantes : Micheline Texereau et Cecilia Escorza
 
 
Commission paritaire : 1010s07570
 

Les événements

.

UIMM


Viscosités patronales


 
La définition de la «fluidification des relations sociales» connaît une nouvelle déclinaison de la part de l’UIMM : 1,5 million d’euros pour permettre à Denis Gautier-Sauvagnac de supporter les conséquences fiscales qui ne manqueront pas de se produire après les révélations sur l’utilisation de la caisse noire de l’organisation patronale. Laurence Parisot, présidente du MEDEF, a exigé la démission des membres de l’UIMM porteurs de mandats du MEDEF et Bernard Van Craeynest s’est réjouit qu’elle «fasse le ménage chez elle». Le président de la CFE-CGC «ne tolère pas que les organisations syndicales aient été accusées sans preuves d’avoir été destinataires d’une partie des fonds», et plutôt que d’entendre parler «d’achat du silence», il demande que les choses soient dites «clairement» : «les turpitudes du patronat, y en a marre !» (France Inter, 2.03.2008). Et s’il s’agit d’être clair, souligne Bernard Van Craeynest, «pourquoi ne pas s’intéresser par exemple à certains parlementaires dont chacun sait que, pendant des années, ils présentaient (...) des amendements qui leur avaient été soigneusement rédigés par l’UIMM, notamment sur les questions relatives au temps de travail» (Public Sénat, 3.03.2008). Cette affaire tombant en pleine négociation sur la représentativité des organisations syndicales, il s’interroge : «à qui profite le crime ?» (TF1, 2.03.2008). Il craint fort que, de ce fait, le calendrier des négociations sociales en cours ne soit plus respecté : nous souhaitons «que la justice fasse son travail rapidement» de manière à ce que le dialogue social puisse repartir sur de «bonnes bases» (BFM tv, 2.03.2008). Autrement dit, il est temps de nettoyer «les écuries d’Augias» et d’évacuer «tous ces miasmes qui nous polluent depuis des mois» (LCI, 2.03.2008). Au final, le président confédéral est inquiet : «est-ce que la capacité de négociation du patronat ne va pas être sérieusement entamée de telle sorte que les partenaires sociaux risquent d’être affaiblis ?» (iTV, 3.03.2008).

Schneider

GPEC

La CFE-CGC est signataire de l’accord de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) chez Schneider. Elle est à l’initiative d’un comité de pilotage pour gérer le processus. Les partenaires sociaux seront consultés sur la stratégie économique de l’entreprise et ses effets sur l’emploi et les outils à mettre en œuvre pour une meilleure employabilité...

Universités


Proposition CFE-CGC


Le comité de liaison enseignement-recherche des fonctions publiques CFE-CGC a été auditionné par la Commission Schwartz chargée d’émettre des propositions pour moderniser le recrutement, la formation et l’évaluation des personnels de l’université. La CFE-CGC a avancé des idées «concrètes et réalistes» pour «développer les échanges entre l’université et le milieu industriel, assurer une meilleur articulation entre enseignement et recherche et améliorer le fonctionnement de l’université». Elle a particulièrement insisté sur la nécessité d’une fonction publique des métiers les filières enseignement, scientifique et technique».

Archèche


Mauvaise carte judiciaire


La CFE-CGC de l’Ardèche s’oppose vivement à la suppression annoncée du Conseil des prud’hommes d’Annonay. Elle a alerté le préfet sur les «effets négatifs» d’une telle décision : cinq heures de route pour déposer une demande au greffe d’Aubenas et un surcoût de 300 euros ; dégradation des conditions de travail des conseillers ; perte d’efficacité et de qualité des dossiers ; contradiction avec le poids économique du bassin annonéen... La CFE-CGC demande à la garde des Sceaux de tenir compte de «la spécificité du territoire ardéchois» et de «suspendre son projet». (Le Réveil du Vivarais, 29.02.2008).

GDF


Merci qui ?


 
Gaz de France affiche des résultats parmi les meilleurs de son histoire. De quoi ravir les actionnaires. «Si l’on ne peut que se satisfaire de la bonne santé financière de GDF, la CFE-CGC des IEG déplore que le personnel, à l’origine des résultats obtenus, y soit bien moins associé que les actionnaires !». Le syndicat estime que «seul un projet social ambitieux est à même de permettre la concrétisation d’un projet industriel dont la pleine réussite ne peut se faire sans l’implication totale des salariés».

CEA


Dépréciation


«La CFE-CGC déplore la dépréciation annuelle de la grille de salaires du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et la perte d’attractivité du CEA. Il ne suffit pas de pleurer la désaffection des jeunes pour les carrières scientifiques, il faut aussi revaloriser financièrement celles-ci !».

Chantiers navals


Le risque Aker Yards


La CFE-CGC d’Aker Yards (ex Chantiers de l’Atlantique), au sein d’un intersyndicale, alerte la Commission européenne sur le risque de «scission» des activités militaires et civiles du groupe : «l’imbrication des savoir-faire civils et militaires, deux activités contribuant mutuellement à leur compétitivité est nettement mise en jeu». L’entrée dans le groupe du coréen STX Shipbuilding accroît le risque de voir les États «protéger l’activité militaire en la séparant de l’activité civile».

Visteon


Lassitude


L’équipementier automobile connaît à Harnes son sixième plan social en sept ans. Cette fois, c’est le centre de recherche et de développement qui est menacé. Pour le délégué CFE-CGC, la «lassitude» est à son comble chez les salariés. À cela s’ajoute le risque d’une «région complètement désertée» de ses industries. (France3, 21.02.2008).

Electrolux


Le piège


La direction d’Electrolux réfute toute idée de délocalisation en Pologne de la fabrication de lave-linge de Revin. Mais déjà, le groupe produit 240 000 machines en Pologne, un nombre en constante progression. Pour la CFE-CGC de l’entreprise, «à un moment donné, on va entrer dans une phase où notre rentabilité va s’écrouler parce qu’on aura trop de frais fixes par rapport au nombre d’appareils fabriqués». Ensuite Electrolux aura beau jeu de démontrer que les prix en Pologne sont moins élevés qu’en France : «moins vous donnez d’appareils à une usine à faire, moins elle est rentable». (France Info, 29.02.2008).

Airbus


Contrepartie


 
La CFE-CGC d’Airbus Toulouse souligne que le contrat gagné par EADS pour l’armée américaine prévoit l’installation de la chaîne d’assemblage final des A330 cargos en Alabama. «Toulouse ne verra pas cette chaîne» ; une politique de contrepartie qui se fait «au détriment du site toulousain». (1.03.2008).

Grève à L'Oréal

Et alors ?


Le fait est assez rare chez le numéro un des cosmétiques : une grève pour des augmentations de salaires. Pour le délégué CFE-CGC, «c’est le symbole qui est important (...). Les salariés de L’Oréal sont des salariés comme les autres, quand ils s’estiment lésés, ils peuvent manifester leur mécontentement». (LCI, 26.02.2008).

Pouvoir d'achat


Halte aux ententes !


 
À Marseille, le président de la CFE-CGC, a estimé que «le gouvernement renforcerait sa crédibilité» en matière de défense du pouvoir d’achat «s’il montrait vraiment sa capacité à lutter contre les ententes illicites»... plutôt que faire des «effets de manche avec l’envoi de fins limiers (...) dans les grandes surfaces». (AFP, 26.02.2008). Bernard Van Craeynest constate que les Français sont «les dindons de la farce» : «depuis dix ans, [la] pression sur les salaires, favorisée par un contexte économique peu porteur, une volonté des entreprises de contenir leur masse salariale et l’effet des 35 heures, commence à faire des ravages» (La Marseillaise, 27.02.2008).

Accords salariaux


Chez Renault, la CFE-CGC est signataire de l’accord salarial, «l’un des plus favorables de la branche» : 3,9 % d’augmentation moyenne dont 2,5 % d’augmentation générale et prime d’intéressement au minimum de 2 369,43 euros. À l’UNEDIC, la CFE-CGC a signé pour une augmentation de 1,7 % au 1er janvier 2008 de l’ensemble des salaires et de la valeur du point.

Prud'homales 2008


Sur le terrain


 
Tout au long de cette année, des membres de l’exécutif confédéral se déplaceront dans l’ensemble des départements pour établir un «bilan de l’activité des unions» en faveur de la campagne prud’homale et pour les aider dans leurs actions.
Renseignements au service développement : 01 55 30 12 37.

Médecine du travail

Sabre de bois


 
Les quelques médecins qui osent témoigner de détournements de l’argent de la médecine du travail par le MEDEF subissent des «pressions», dénonce Bernard Salengro. Une réforme est nécessaire, notamment dans les processus de contrôle. Aujourd’hui, l’inspecteur du travail est impuissant : «il a un sabre de bois et quand il arrive à faire un procès verbal, le procureur le classe dans la poubelle, c’est honteux ! Sur la route, depuis qu’il y a des procès verbaux contre la vitesse, il y a moins de morts. Vous imaginez le gendarme avec un bouquet de fleurs ? Eh bien ! c’est presque cela qu’il se passe dans les directions régionales du travail». (France Inter, 26.02.2008). Le gouvernement aurait tout intérêt à suivre les recommandations du Conseil économique et social (CES) : instituer une gestion paritaire à égalité employeurs salariés et créer une instance régionale pour optimiser et garantir l’indépendance et l’efficacité des moyens alloués à la médecine du travail. (Cqué de presse, 29.02.2008).

Épargne salariale


Prime à l'incertitude


Contre l’avis de tous les intéressés, le gouvernement entend remplacer la participation et l’intéressement par de simples primes liées aux résultats de l’entreprise. Autrement dit, pour la CFE-CGC, «des salaires variables et des revenus non fiables». Cela au détriment de la capacité d’emprunt de chacun : «ce projet est une véritable forfaiture, parfaitement contradictoire avec les discours relatifs à la promotion de l’accession à la propriété du plus grand nombre». La CFE-CGC rappelle que «le principal motif de récupération de l’épargne salariale est, depuis longtemps, la constitution de l’apport personnel pour achat immobilier». Cette décision concourrait à «l’incertitude sociale par l’instabilité fiscale et réglementaire». (Cqué de presse, 5.03.2008).

Retraite


Contribution de 200 euros


La CFE-CGC de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) a voté en faveur du versement d’ici fin mars d’un somme de 200 euros aux bénéficiaires du minimum vieillesse. Danièle Karniewicz, présidente de la CNAV confirme avoir reçu des garanties écrites du gouvernement pour que ce versement soit «exceptionnel, non récupérable sur les personnes». (AFP, 5.03.2008).

Pénibilité


Le cirque


La négociation sur la pénibilité devait théoriquement se terminer le 25 mars. Pour l’instant, «c’est le cirque», constate Danièle Karniewicz : le patronat la rend «opaque, sans lisibilité sur l’objectif».

Les réactions

Pouvoir d'achat

Sortir de la jungle
Jean Conan :

En matière de pouvoir d’achat, c’est (presque) simple. Il y a les revenus (nets de taxes et d’impôts) et puis, en face, il y a les prix des produits et services. Côté revenus, la régulation, même imparfaite, existe. Les ajustements salariaux se forment dans des confrontations parfois houleuses… et la fiscalité fait chaque année, l’objet de débats parlementaires. Côté prix, en revanche, la puissance des distributeurs, spécificité bien française, leur laisse quasiment les mains libres, autant vis à vis de leurs fournisseurs qu’il leur arrive d’étrangler que de leurs clients ! Il faudra bien une vraie réflexion sur les torts à la croissance que causent les concentrations de distribution, comme les concentrations bancaires, d’ailleurs… En attendant, il revient clairement aux pouvoirs publics de veiller au respect et à l’application des lois et des sanctions : la CFE-CGC attend de l’État qu’il mette fin à la jungle commerciale actuelle et qu’il réprime sévèrement les ententes illicites, les marges arrière versées en Suisse, et autres abus manifestes de positions monopolistiques. La CFE-CGC attend aussi de l’État que les sanctions prononcées soient effectivement appliquées. Au fait, où en est l’amende « historique » prise en 2005/2006 envers les opérateurs de téléphonie mobile ?

Retraite

Tour de passe-passe
Danièle Karniewicz :

La formule magique de Nicolas Sarkozy consisterait à assujettir les primes d’intéressement à cotisations retraite, tant pour la CNAV que pour les régimes complémentaires. Serait ponctionné l’équivalent des cotisations sur le pouvoir d’achat des salariés avec, en contrepartie, une hypothétique augmentation de leur future retraite. Mais, dans l’immédiat, serait cassé le succès des formules d’intéressement. L’augmentation des ressources pour les caisses de retraite, de l’ordre de 800 millions d’euros par an pour la CNAV, se paierait au prix fort en termes de pouvoir d’achat. Le besoin de financement de notre protection sociale, sur fond de vieillissement de la population, ne peut se satisfaire de mesures ponctuelles, fussent-elles de source présidentielle, sans aucune concertation préalable et sans mesure d’impact. La sagesse serait de poser globalement la question du financement de la protection sociale par une réforme totale de l’assiette des cotisations, en mettant aussi à contribution les stock-options, les golden-parachutes, les super profits… Refuser cette réflexion, c’est opter implicitement pour un accroissement des dépenses d’assurance maladie à la charge des assurés, c’est offrir le marché captif de la santé aux sociétés d’assurance, c’est exclure les personnes âgées dépendantes de leur droit à prise en charge par l’assurance maladie pour les livrer au système privé, c’est sacrifier à terme la retraite par répartition au profit des fonds de pension… Ce n’est pas ce que veulent les Français, ni les salariés ni les retraités ni les classes moyennes ni les électeurs ! Ils veulent une protection sociale digne ; plus de pouvoir d’achat, plus de démocratie et de pédagogie sur les choix politiques et sur les choix de société.
karniewicz@cfecgc.fr

Accidents du travail

Contresens
Bernard Salengro : 
 
Selon la «Revue du praticien» (15.02.2008), «les rentes d’invalidité sont trois fois plus élevées en invalidité catégorie 1 et cinq fois plus élevées en invalidité catégorie 2 que par la réparation en maladie professionnelle (...). De ce fait, la déclaration en maladie professionnelle ne doit pas être automatique mais bien circonstanciée et conforme à l’intérêt bien compris du patient». Autrement dit, lorsque l’on ne peut plus travailler pour raison médicale, il est beaucoup plus intéressant d’être dans un régime «maladie» que dans un régime «accidents du travail-maladies professionnelles». La justice et l’équité auraient voulu que, lorsque le travail est responsable de l’affection, le salaire soit maintenu. C’est malheureusement aujourd’hui le contraire ! Par ailleurs, les cotisations des employeurs au régime accident du travail sont largement sous-évaluées, ce qui revient à favoriser les entreprises qui génèrent de la pathologie professionnelle ! C’est dire si la CFE-CGC avait eu raison de refuser la proposition du MEDEF, l’année dernière, qui maintenait des réparations des accidents du travail très insuffisantes... Au passage, dans cette année d’élection prud’homale, souvenons-vous que la CFTC, la CFDT et FO, eux, avaient signé...

Lutte contre le stress

Rigueur et gestion
Bernard Salengro :

Le 15 avril, les partenaires sociaux ouvrent des négociations pour traiter la question du stress en entreprise. Enfin ! Malgré le manque d’enthousiasme de certains, il faut bien se résoudre à admettre que le management par le stress n’a que des effets négatifs. Il s’agit de s’accorder sur une pratique de détection des situations difficiles, les analyser, comment et avec qui, installer une réponse adaptée et immédiate de soutien, de prévention et de réparation. La directive européenne 89/391 rappelle l’obligation des employeurs à assurer la sécurité et la santé au travail. Encore faut-il qu’ils appliquent l’évaluation des risques, utilisent les observations du médecin du travail et les recommandations du CHSCT ! Cette négociation ne doit pas réinventer l’eau tiède ou lancer des comités Théodule à la main de l’employeur. Elle doit permettre une utilisation rigoureuse des instances légales. La priorité sera la prévention des situations stressantes et leur traitement, en association avec les partenaires sociaux et les préventeurs, plutôt que le simple repérage des personnes prétendument fragiles. La CFE-CGC préconise l’analyse des conditions de travail psychiques au même titre que les conditions physiques. Cela nécessite de réfléchir à la charge de travail mentale, comme on le fait pour le poids des sacs de ciment, d’analyser l’ambiance de l’entreprise, comme on mesure le bruit dans un atelier. Étudier un organigramme ou un système de communication ressort du même principe que l’examen d’un arbre, des causes pour trouver l’origine d’un accident. Il est enfin grand temps d’ouvrir le dossier de la reconnaissance du stress comme maladie professionnelle, non seulement pour déterminer les réparations - dont les montants sont aujourd’hui ridicules - mais surtout pour enclencher une incitation financière prise en compte dans la gestion de l’entreprise.
CFE-CGC réseau confédéral sur Facebook
Follow CFECGC on Twitter La chaîne CFECGC sur Youtube Flick’r
Maison de la CFE-CGC - 59, rue du Rocher - 75008 PARIS - Tél : 01.55.30.12.12