Les scories de l’affaire UIMM n’en finissent pas de polluer le débat social si important pour dégager un consensus entre partenaires sociaux qui permette de dynamiser notre croissance. Et cela au service de l’emploi, de salariés bien payés et bénéficiant d’une bonne protection sociale.
Le coup de gueule de Laurence Parisot est compréhensible. Je n’ai jamais admis les insinuations de financement syndical par des valises de billets retirés des coffres de l’UIMM. La justice fera-t-elle diligence pour éclairer ce dossier ? Seule la transparence fera table rase du passé et assainira, une bonne fois pour toutes, les règles du jeu.
Au-delà, le bras de fer entre le MEDEF et sa fédération des métiers de la métallurgie sur les mandats détenus par cette dernière pose une vraie question. Y a-t-il suffisamment d’acteurs engagés, disponibles et au fait de métiers de plus en plus techniques et complexes pour assurer la gestion paritaire des organismes sociaux ? C’est là l’un des enjeux principaux des débats et négociations en cours sur la représentativité et le dialogue social. Il est essentiel de faire en sorte que les représentants des employeurs et des salariés aient les moyens d’agir et de se consacrer, parfois temporairement, à leurs missions. D’où l’importance du Contrat d’engagement social proposé depuis plusieurs années par la CFE-CGC. Sinon, tout sera géré par la puissance publique, les lois, les décrets et règlements sociaux jusqu’à l’ensemble des cotisations sociales et de leurs affectations.
Il est par ailleurs paradoxal de constater que nos chantres du privé et du libéralisme verraient d’un bon œil notre protection sociale solidaire entièrement nationalisée ! Les mêmes songent, cependant, à laisser chacun se débrouiller pour faire face aux aléas de la vie via les assurances individuelles. Décidément, il est temps d’y voir clair sur la réforme des prélèvements obligatoires et la vraie définition du partage des rôles ou de la complémentarité public/privé.
Dans le même temps, notre pays poursuit sa paupérisation. À l’heure où les retraités manifestent, les chiffres du chômage seraient censés nous redonner le moral. Certes, l’économie française a créé 300 000 emplois l’an dernier. Mais plus de 50 000 emplois industriels ont été détruits. Il manque environ 3 millions d’emplois pour une économie comme la nôtre. Nous assistons, de plus, à un glissement d’emplois correctement payés vers d’autres, notamment dans les services à la personne (1,9 million de salariés travaillant en moyenne 15 heures par semaine) qui ne permettent pas de vivre décemment.
Nous savons que la compétitivité française a une formidable marge de progression. Mettons plutôt notre énergie à définir les axes du progrès pour mieux le partager.