La question de l’avenir du syndicalisme n’est plus une vue de l’esprit. Aujourd’hui, elle se pose littéralement à nous et, de nos choix présents, dépendra notre existence. Les négociations qui viennent de se terminer sur la représentativité, le développement du dialogue social et le financement du syndicalisme, ne seront pas, hélas ! la réponse que nous espérions. Pire, leur résultat qui prend la forme d’une position commune, porte les germes d’une déconstruction du syndicalisme français...
Ceux qui rêvaient de voir l’expression des salariés transformée en une course à l’audience ; ceux qui espéraient diviser pour mieux régner ; ceux qui se voyaient tels des ogres à manger les petits cochons... tous ceux-là se frottent les mains. La partie s’engage à leur avantage.
Mais la partie n’est pour eux pas encore gagnée. La CFE-CGC a fait acter, in extremis, la réalité d’un syndicalisme catégoriel tel que celui du personnel d’encadrement. Et, avec d’autres, elle refuse de signer la position commune. Reste que le mal est fait : le choix de mesurer l’expression syndicale à la seule aune de l’audience aux élections professionnelles est définitif. L’ouverture de ces élections, dès le premier tour, à tout le monde, c’est la boîte de Pandore. La moindre association de pêcheurs à la ligne, avec une judicieuse communication, pourra revendiquer sa représentativité dans les métiers de l’aérien, comme cela s’est déjà produit !
J’en appelle à la responsabilité du gouvernement. S’il s’inspire de cette position commune, à terme, il n’aura plus face à lui que deux ou trois trublions complices et c’est sans doute son objectif. Mais il perdra ainsi toute assise sociale, celle qui lui permet d’avancer avec la confiance des salariés, avec la confiance des Français.
Pour notre part, que devons-nous faire maintenant ? Attendre et voir ? Ce n’est pas mon intention. Personne à la CFE-CGC ne baisse les bras. Nous explorons toutes les pistes et pas seulement pour réagir à un texte qui, finalement, n’est fondateur de rien. Non, il faut sortir du cercle dans lequel on veut nous enfermer. On veut nous obliger à la bipolarisation des relations sociales ? Non, ceux que représentent la CFE-CGC, cette force vive de l’économie que tout le monde observe sans lui reconnaître sa place, ceux-là sont le troisième pilier qui permettra de stabiliser notre économie, notre pays.
Mais tout seul nous ne pourrons pas grand chose. L’union qui fait la force n’est pas qu’un proverbe démodé. C’est la solution qui nous permettra de construire un syndicalisme moderne. Nous avons commencé à dire notre conviction à l’UNSA qui y est sensible. Avec le soutien de notre comité directeur nous continuerons à explorer les voies d’un rapprochement avec cette organisation réformiste, comme nous. Mais pourquoi pas avec d’autres ?
La CFE-CGC est prête à s’adapter aux bouleversements sociaux qui s’annoncent, sans perdre son âme. Elle n’y arrivera pas sans vous. Adhérer, voter : voilà ce qui rendra notre syndicalisme incontournable.