Le rendez-vous 2008, inscrit dès 2003 afin de réformer les régimes de retraite, ne peut être escamoté ou se résumer à un passage à quarante-et-une annuités en 2012 ! La question est tout autre : le système par répartition est solide mais, compte tenu des évolutions démographiques, son financement doit être renforcé pour assurer une solidarité intergénérationnelle nous permettant de passer le cap de 2050. Inutile d’inventer des usines à gaz pour cela. La solution la plus efficace se résume en une volonté : mettre en œuvre les moyens nécessaires à assurer le plein emploi.
C’est le message que nous allons tous porter le 22 mai prochain pour une grande journée d’actions et de manifestations : la défense de la retraite solidaire mérite notre mobilisation !
Retraite et emploi sont donc intimement liés. Comment accepter un allongement de la durée de cotisation pour la retraite si, dans le même temps, les seniors sont exclus du travail ? Malgré les promesses, les entreprises n’ont pas joué le jeu depuis la loi de réforme des retraites de 2003 : le taux d’emploi des seniors plafonne à 38 %, inférieur à la moyenne européenne (43 %). Le plan national en faveur de l’emploi des seniors lancé en fanfare en 2006 a lamentablement échoué...
Aujourd’hui, le gouvernement parle de renégociation des bonnes pratiques et envisage des mesures coercitives de surcotisation, à partir de 2010, contre les employeurs récalcitrants, soit. Nous aurions dix-huit mois pour trouver le moyen d’inverser une tendance installée depuis vingt-cinq ans, un principe même, qui consiste pour les directions des ressources humaines à utiliser les seniors comme une variable d’ajustement des politiques de l’emploi et des restructurations. Si c’est un défi, la CFE-CGC est prête à le relever...
Mais nous ne pouvons pas nous contenter de cette hypothèse de travail. Nous sommes résolus à faire pression sur le patronat et le gouvernement afin que cessent ces petits arrangements entre amis, ces multiplications d’exonérations de charges - les dernières en date étant les heures supplémentaires - qui ne font l’objet d’aucun justificatif ni contrôle, mais qui réduisent inexorablement les recettes de nos systèmes de protection sociale et de retraite. Ceux-ci meurent à petit feu depuis dix ans. En manque d’imagination, le gouvernement s’adresse aux régimes complémentaires comme on refile un mistigri : «aidez-nous à payer les mesures annoncées sur l’augmentation du minimum vieillesse et des pensions de réversion !».
Il est vraiment temps de clarifier les choses. Qui paie quoi ? Qui osera élargir l’assiette des cotisations pour tenir compte du vieillissement de la population ? C’est toute l’architecture du système qui est à revoir. Mais, pour cela, il faut du courage et arrêter de leurrer nos concitoyens en leur faisant croire que quarante-et-une annuités régleront les problèmes...