Lettre confédérale n°1206 du 26 septembre 2008

La lettre confédérale

Lettre confédérale N°1206 du 26 septembre 2008
L'Edito :

La maison Folamour

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Et un matin, on découvre la crise. Comme après un coup de tonnerre, on tente de nous expliquer l’origine des faillites internationales en chaîne tandis que les as de la finance ouvrent leurs parachutes dorés pour se poser tranquillement un peu plus loin.
 
Effarés, les chefs d’entreprise découvrent que le capitalisme sur lequel ils fondent leurs affaires n’est plus un système économique régulé mais un casino. Effrayés, les élus de tous bords protestent avec véhémence : les libéraux exigent l’intervention de l’État, les «étatistes» fustigent le manque d’adaptation des politiques financières.
 
Tout se passe comme si, aujourd’hui, nous vivions dans deux mondes superposés. Le premier est celui de l’économie réelle, dans lequel nous devons en permanence faire face aux contraintes de la croissance en phase de décélération... Dans celui-ci, il nous est demandé de nous impliquer, d’agir, de travailler toujours plus et d’admettre des sacrifices en termes de revenus. Et puis il y a un monde virtuel qui ignore totalement ces réalités, habité de docteurs Folamour qui n’agissent qu’en fonction du rendement à deux chiffres de leurs capitaux investis en coups de poker. Hélas, ces deux mondes prennent appui sur un seul et même levier : notre portefeuille.
 
D’un côté, l’offre et la demande sont plus ou moins régulées pour faire du marché un lieu d’échanges civilisé ; de l’autre, c’est le qui perd gagne. Faudra-t-il laisser ce monde virtuel s’imposer à nous ?
 
La réponse, je la fais à tous ceux qui se frottent les mains devant la désyndicalisation ; à tous ceux qui ont concocté de nouvelles règles de représentativité des syndicats sans tenir compte de cette réalité qui nous agresse. Non, nous ne laisserons pas faire ! C’est justement grâce à la vigilance de nos représentants dans les entreprises que les dérives peuvent être stoppées. C’est par la confrontation quotidienne aux contraintes économiques réelles, que les salariés peuvent alerter les syndicalistes sur les conséquences de stratégies irraisonnées. C’est par notre engagement jusque dans les lieux de décisions que le monde économique et social restera accroché à ses bases. Encore faut-il que nous soient donnés les moyens de cette vigilance, le pouvoir de nous exprimer, le droit de nous opposer...
 
Nos banques d’affaires, nos entreprises en général, ne doivent pas devenir des maisons Folamour, sociétés sans garde-fous, sans droit de regard des salariés sur les choix économiques et sociaux des directions. C’est aussi contre cela que nous manifesterons partout le 7 octobre prochain, dans le cadre de la journée mondiale pour le travail décent.
 
Si à quelque chose malheur est bon, souhaitons qu’il s’agisse du renouveau du syndicalisme responsable.
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Les événements

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Représentativité

 

Ambition commune avec l'UNSA


Devant les risques que comportent les nouvelles règles de représentativité, la CFE-CGC a choisi d’aller de l’avant. Elle propose à toutes les organisations de «bonne volonté» de se rapprocher pour donner naissance à une nouvelle force syndicale. Pour l’heure, les contacts avec l’UNSA avancent. À Lyon, le 19 septembre, l’UR CFE-CGC a pris l’initiative d’une journée de travail en commun avec les représentants de l’UNSA Rhône-Alpes. Alain Desvignes (CFE-CGC) espère qu’elle pourra «essaimer dans d’autres régions». Si la démarche arrive à son terme, un rapprochement avec l’UNSA sera un «événement» qu’on n’a plus connu depuis 1936 avec la réunification de la CGT et de la CGTU, souligne Bernard Van Craeynest. Pour l’instant, il s’agit d’examiner les conditions de fonctionnement d’une nouvelle organisation et d’esquisser les contours d’une «probable direction transitoire en binôme». L’ambition commune est de développer «un syndicat de proximité et de service, indépendant de tout parti politique». (Le Progrès, 19.09.2008).
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Représentativité
Les militants connectés à l’intranet CFE-CGC peuvent télécharger un «Guide sur la loi du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale»...
http://intra.cfecgc.org/members/SHARED/TB_DOC_DOCUMENT/Fichier/1554.pdf

Renault


L'autel de la représentativité


La réduction d’effectif annoncée chez Renault pourra toucher 4 000 personnes selon la Métallurgie CFE-CGC : «les propositions qui accompagnent ce plan (...) sont bien au-dessous des attentes des personnes susceptibles d’être candidates au départ». La CFE-CGC demande «des arguments financiers plus conséquents». La fédération estime que les «bases françaises» de l’entreprise sont «sacrifiées sur l’autel de la rentabilité» et que ce plan «hypothèque» l’avenir de la société en prenant «le risque notoire de voir partir sa compétence et son savoir faire, tant dans le domaine de la fabrication que dans celui de l’ingénierie».
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Prud'homales 2008


Enrayer le déclin


Jean-Pierre Reffreger, président de l’union locale CFE-CGC de Lunel (34) le rappelle opportunément dans le Midi Libre : la participation aux élections prud’homales a connu une baisse «phénoménale» : «en 1979, le taux de participation était de 63 %, puis 58 % en 1982, 45 % en 1987. Il est ensuite passé sous la barre des 40 % avec 34 % en 1997 et finalement 32 % en 2002. À ce rythme là, les prud’hommes sont menacés de disparition. Il faut enrayer à tout prix ce déclin». Jean-Pierre Reffreger se désole : «Cela ressemble à la syndicalisation dont le taux n’est que de 7 % en France. Tant que les gens ne sont pas dans le besoin, ils ne s’y intéressent pas». (Midi Libre, 14.09.2008). Conclusion : le 3 décembre 2008, votez !

Transports

 

Payer pour travailler


Les employeurs devront désormais prendre en charge 50 % des titres d’abonnement des salariés se déplaçant en transport collectif, à l’image de ce qui se fait déjà en Île-de-France. Pour les autres, qui se déplacent en voiture, l’aide est de 200 euros par an... et facultative ! «On va encore creuser les inégalités», regrette Bernard Van Craeynest, «c’est à se demander si on ne va pas arriver à des solutions où ce n’est plus «travailler plus pour gagner plus» mais «mettre toujours plus de sa poche pour travailler». Le président de la CFE-CGC milite pour «un mécanisme obligatoire qui permette d’acter que toute charge supplémentaire de transport pour le salarié liée à l’augmentation de son activité, les heures supplémentaires notamment, soit à la charge de l’employeur». (AFP, 16.09.2008).

Logement


Protocole national


La CFE-CGC est signataire du premier Protocole national interprofessionnel spécifique au 1 % logement (18.09.2008). Il s’agit de faire respecter la légitimité des partenaires sociaux dans la gestion du 1 % logement et de proposer une réforme de la gouvernance de l’institution. Syndicats et organisations patronales s’unissent pour s’opposer à «toute tentative visant à ponctionner les fonds du 1 % logement pour compenser un désengagement de l’État...»
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Il n’a rien vu venir. Son entourage non plus... Vous pouvez, un jour ou l’autre, comme Frédéric, avoir à faire face à une étrange «maladie professionnelle»...
Une nouvelle bande dessinée de la CFE-CGC.

Action sociale


Grève


La CFE-CGC du secteur sanitaire et social a signé l’appel à la grève du 30 septembre prochain. Objectif : réclamer une hausse des salaires. Une manifestation nationale est prévue à Paris.

Retraite

 

Mobilisation

 
L’union des retraités (UNIR) CFE-CGC s’associe à la mobilisation du 16 octobre prochain. Des rassemblements ou des manifestations sont prévues sur tout le territoire pour la défense du pouvoir d’achat. Une «carte postale» à l’adresse du président de la République est disponible auprès des unions territoriales.

Seniors

 

Inciter plutôt que sanctionner

 
Danièle Karniewicz, présidente de la CNAV, ne croit pas à l’efficacité des sanctions pour améliorer l’emploi des seniors : «En France, le plan seniors instauré en 2003 n’a pas fonctionné mais n’a jamais été incitatif. (...) Pour le rendez-vous retraites de 2008, il est prévu une pénalisation à hauteur de 1 % de la masse salariale en l’absence d’accord sur l’emploi des seniors. Or, les sanctions ne marchent pas bien». Elle appelle à utiliser la méthode finlandaise : «la meilleure qualité du dialogue social, la culture du consensus fait que chacun, État, employeurs, syndicats, accepte sa part de responsabilité face aux problèmes, comme les accidents du travail». En France, regrette-t-elle, les domaines d’action pour l’emploi des seniors (santé au travail, retraites, ect.) sont «découplés» et se heurtent à des «corporatismes». (AFP, 21.09.2008).

Les réactions

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obligation des chômeurs

Le dogme de la sanction
Alain Lecanu :

Avec son projet de décret portant sur l’Offre raisonnable d’emploi (ORE), le gouvernement souhaite imposer de nouvelles sanctions aux demandeurs d’emploi dès le 1er octobre 2008. En effet, à partir de cette date, tout demandeur d’emploi refusant une deuxième offre d’emploi, réputée « raisonnable », sera radié des listes de l’ANPE et verra ses allocations suspendues en totalité pour deux mois (contre aujourd’hui une réduction de 20 % pour une durée de deux à six mois au premier refus et de 50 % pour une durée de deux à six mois au deuxième refus). La sanction sera donc beaucoup plus lourde et, avec l’établissement de critères objectifs, systématique. La CFE-CGC a émis un vote négatif sur ce texte, car il ne tient pas compte de l’esprit de la réforme du suivi des demandeurs d’emploi de 2005, réforme qui créait des fourchettes en durées de suspension et des possibilités de réduction progressive des allocations pour permettre des sanctions plus fréquentes mais mieux proportionnées et « pédagogiques ». Le problème de l’emploi ne sera pas résolu par une multiplication des sanctions envers les demandeurs d’emploi, mais par un véritable accompagnement de ceux-ci dans leur recherche vers un emploi durable et de qualité.
 
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Grenelle de l'environnement


Mesurer les effets


Huguette Viglietti :
 
Dans la continuité du Grenelle de l’environnement, le gouvernement a annoncé des mesures prises sans concertation. L’éphémère taxe pique-nique, la confusion autour du bonus-malus automobile ont entretenu le trouble. Au final, un sentiment de coercition prédomine et toute ponction supplémentaire dans le revenu des ménages est d’autant plus mal ressentie que nous sommes dans une situation de tension extrême en matière de pouvoir d’achat. Aujourd’hui, la mutation de la société française vers une croissance «verte» doit être considérée comme une chance. Encore faut-il que le Grenelle de l’environnement maîtrise les financements de ses propositions ! C’est à cette condition que la création de nouveaux métiers sera profitable à notre économie. Pour cette raison, la CFE-CGC exige que chaque mesure, avant promulgation, fasse l’objet d’une étude précisant les coûts, les bénéfices, les améliorations environnementales, les effets attendus contre le réchauffement climatique et, en parallèle, les mesures compensatoires à mettre en place pour équilibrer les financements.Reste un élément que la CFE-CGC considère comme étant incontournable : le volet social du développement durable qui doit être intégré dans la politique environnementale.
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Fiscalité


Du vert, à l'orange et au rouge


Jean Conan :
En ces temps de crise majeure, les entreprises et les ménages ont besoin de lisibilité et de continuité. À ce titre, la valse hésitation sur la fiscalité plus ou moins verte est déplorable : passera au « vert » ou pas ?… Pour la CFE-CGC, donner à la fiscalité une mission nouvelle de régulation écologique suppose que les missions originelles soient bien assurées. Or, pour la redistribution entre les citoyens, tous les indicateurs ont viré à l’orange depuis longtemps et, pour les déficits publics, c’est carrément le feu rouge du danger immédiat. La fiscalité verte n’a pas à être redistributive. Mais, entre les travailleurs en limite constante de pouvoir d’achat, et les foyers fortunés affranchis de la fiscalité française, il y a les classes moyennes, toujours mises à contribution ! La fiscalité « verte » n’a pas non plus à lutter contre les déficits publics. Mais elle devrait au moins être neutre, et non coûter, comme dans le cas de l’automobile, quelques centaines de millions d’euros à la charge des contribuables qui subventionnent ainsi les petits véhicules diesel, les plus immédiatement nocifs pour la santé. Décidément, pour la CFE-CGC, la fiscalité « verte » des bonus-malus mérite plus que quelques décrets pris à la va-vite, qui ne font qu’ajouter à la confusion générale de la fiscalité française…
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