Depuis des années, la CFE-CGC dénonçait les dérives financières qui nous enfoncent aujourd’hui dans la crise. Mais il a fallu attendre l’écroulement du château de cartes spéculatives pour que les gouvernants de la planète prennent peur et réagissent. Mieux vaut tard que jamais ! et il faut saluer le volontarisme de Nicolas Sarkozy pour imposer un plan de sauvetage qui permette au système financier de remplir son office, c’est-à-dire alimenter l’économie réelle. La thrombose n’était pas loin ! Tel le corps humain, la disparition du sang qui circule dans les veines conduit inéluctablement à la disparition du patient... L’impact de la récession est le même pour les entreprises en manque de crédits.
Chaque jour apporte son lot d’annonces de sociétés en difficulté et de milliers de suppressions d’emplois. En réaction, le président de la République annonce un «plan emploi» qui est, en fait, un plan d’aides financières aux «entreprises stratégiques». Il est indiscutablement nécessaire mais je souhaite bon courage à celui qui définira et désignera les entreprises en question. Pour ma part je pense surtout aux centaines de milliers de PME qui seront à l’écart de tout plan d’aide et qui sont pourtant le socle de l’emploi en France. Ne sont-elles pas stratégiques ? Certes, l’exonération de la taxe professionnelle pour tout nouvel investissement pendant deux ans est un bon signal... en attendant la réforme tant espérée du système. Ainsi, face à une crise globale, nous sont proposées des solutions sectorielles. Face une crise durable, sont lancés des contre-feux de court terme.
Par ailleurs, les chefs d’État tentent de s’entendre par G8, G14, G20 ou Gx interposés. Il n’ont plus qu’un seul mot à la bouche : régulation des systèmes financiers et économiques ! Pas un seul n’évoque l’indispensable régulation sociale... Il est vrai que, cette fois, il ne peuvent guère s’inspirer de Nicolas Sarkozy : en France, le gouvernement n’a eu de cesse, depuis dix-huit mois, de déréguler jusqu’au summum de la loi de démocratie sociale du 20 août dernier qui se traduira immanquablement par l’anémie du dialogue social et l’atonie des vrais régulateurs sociaux que sont les syndicats. Tout cela à l’heure même où les salariés sont toujours menacés dans leur emploi et leur rémunération, cette dernière étant de plus en plus tirée vers le bas par la concurrence entre salariés de tous les pays. C’est «travaillez plus pour gagner moins !» Un futur cas d’école pour les historiens des crises sociales. Mais qui se souvient aujourd’hui des pays qui se sont effondrés parce qu’à force de faire semblant de payer leurs salariés, ceux-ci ont fait semblant de travailler ?
Le gouvernement n’a plus le choix. Il doit redonner des marges de manœuvre aux entreprises dans leur globalité et de l’oxygène aux salariés dans leur quotidien : seul l’investissement dans le travail justement rémunéré aura des effets de relance à long terme.