Lettre confédérale n°1208 du 24 octobre 2008

La lettre confédérale

Lettre confédérale N°1208 du 24 octobre 2008
L'Edito :

Bon courage...

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Depuis des années, la CFE-CGC dénonçait les dérives financières qui nous enfoncent aujourd’hui dans la crise. Mais il a fallu attendre l’écroulement du château de cartes spéculatives pour que les gouvernants de la planète prennent peur et réagissent. Mieux vaut tard que jamais ! et il faut saluer le volontarisme de Nicolas Sarkozy pour imposer un plan de sauvetage qui permette au système financier de remplir son office, c’est-à-dire alimenter l’économie réelle. La thrombose n’était pas loin ! Tel le corps humain, la disparition du sang qui circule dans les veines conduit inéluctablement à la disparition du patient... L’impact de la récession est le même pour les entreprises en manque de crédits.
 
Chaque jour apporte son lot d’annonces de sociétés en difficulté et de milliers de suppressions d’emplois. En réaction, le président de la République annonce un «plan emploi» qui est, en fait, un plan d’aides financières aux «entreprises stratégiques». Il est indiscutablement nécessaire mais je souhaite bon courage à celui qui définira et désignera les entreprises en question. Pour ma part je pense surtout aux centaines de milliers de PME qui seront à l’écart de tout plan d’aide et qui sont pourtant le socle de l’emploi en France. Ne sont-elles pas stratégiques ? Certes, l’exonération de la taxe professionnelle pour tout nouvel investissement pendant deux ans est un bon signal... en attendant la réforme tant espérée du système. Ainsi, face à une crise globale, nous sont proposées des solutions sectorielles. Face une crise durable, sont lancés des contre-feux de court terme.
 
Par ailleurs, les chefs d’État tentent de s’entendre par G8, G14, G20 ou Gx interposés. Il n’ont plus qu’un seul mot à la bouche : régulation des systèmes financiers et économiques ! Pas un seul n’évoque l’indispensable régulation sociale... Il est vrai que, cette fois, il ne peuvent guère s’inspirer de Nicolas Sarkozy : en France, le gouvernement n’a eu de cesse, depuis dix-huit mois, de déréguler jusqu’au summum de la loi de démocratie sociale du 20 août dernier qui se traduira immanquablement par l’anémie du dialogue social et l’atonie des vrais régulateurs sociaux que sont les syndicats. Tout cela à l’heure même où les salariés sont toujours menacés dans leur emploi et leur rémunération, cette dernière étant de plus en plus tirée vers le bas par la concurrence entre salariés de tous les pays. C’est «travaillez plus pour gagner moins !» Un futur cas d’école pour les historiens des crises sociales. Mais qui se souvient aujourd’hui des pays qui se sont effondrés parce qu’à force de faire semblant de payer leurs salariés, ceux-ci ont fait semblant de travailler ?
 
Le gouvernement n’a plus le choix. Il doit redonner des marges de manœuvre aux entreprises dans leur globalité et de l’oxygène aux salariés dans leur quotidien : seul l’investissement dans le travail justement rémunéré aura des effets de relance à long terme.
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Les événements

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Prud'homales 2008

 

Le vote par correspondance :
une chance pour la CFE-CGC


Bernard Vincent :
Il faut se réjouir de la forte mobilisation des unions territoriales et des militants dans les dépôts des listes :
 
97 % des sections pourvues
11 350 candidatures CFE-CGC
déposées en préfecture !
 
Transformons cette mobilisation par une forte participation grâce au vote par correspondance... Désormais, tous les électeurs peuvent voter par ce biais, sans restriction.
 
La généralisation de ce mode d’élection pour les prud’homales a été obtenue grâce à la pugnacité de la CFE-CGC lors des différentes réunions du Conseil supérieur de la prud’homie.
 
Ainsi, toutes les conditions sont réunies aujourd’hui pour que nos militants, adhérents et sympathisants puissent voter : une faible participation serait dramatique pour notre organisation !
 
Les délégués syndicaux et/ou les responsables de section doivent convaincre leur environnement professionnel et relationnel de remplir ce devoir électoral. Nous devons tous insister pour que les électeurs postent leur enveloppe T dès réception du matériel de vote à domicile mi novembre, afin que leurs suffrages parviennent bien aux bureaux de vote en temps utile (voire la bande dessinée ci-après).
 
Comment voter ?
• Préparer l’enveloppe d’expédition.
• Ne pas oublier de signer votre carte d’électeur.
• Insérer le bulletin de vote CFE-CGC (sans aucun signe distinctif) dans l’enveloppe électorale, sans la cacheter.
• Insérer dans l’enveloppe T de vote par correspondance :
- la petite enveloppe de vote,
- votre carte d’électeur signée.
• Reporter sur l’enveloppe T «Élections prud’homales du 3 décembre 2008 - Vote par correspondance» les mentions qui figurent sur la carte électorale :
- numéro du bureau de vote,
- adresse du bureau de vote,
- numéro d’électeur,
- collège,
- section.
 
Ne pas oublier de signer sa carte d’électeur !
 
SANS AFFRANCHIR, poster ce pli fermé. Pour être sûr que votre vote arrive à temps et soit pris en compte, vous devez impérativement poster cette lettre dès réception du matériel de vote.
 
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Emploi


Négociations imbiquées


Trois grands chantiers de négociation sont ouverts : la formation professionnelle, l’assurance chômage et la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Pour Alain Lecanu, secrétaire national, ces trois domaines sont «interactifs» et l’on ne peut dissocier la négociation des uns par rapport aux autres : il s’agit de bâtir un système qui assure une bonne insertion par l’alternance entre formation et passage en entreprise. Dans le contexte de crise, la CFE-CGC refuse la baisse de cotisations chômage demandée par le gouvernement : il vaut mieux «prédéterminer un niveau d’équilibre qui permette automatiquement de définir un niveau de cotisations. Mais, pour être efficace, il faudrait aussi abonder suffisamment le fonds de régulation destiné à absorber les à-coups conjoncturels sans avoir à «jouer» sur les niveaux de cotisations.
 
Par ailleurs, la CFE-CGC demande que soit pris à bras le corps le problème des intermittents du spectacle dont l’énormité du coût (un milliard d’euros !) ne doit «pas être supporté par les salariés». En matière d’accompagnement, la CFE-CGC attend «une offre de services ambitieuse» car il est anormal de laisser un demandeur d’emploi se «déstructurer». La CFE-CGC demande pour lui le bénéfice d’un «entretien mensuel». Le système de formation professionnelle mérite d’être «amélioré», pas cassé : il faut cesser d’opposer les statuts, les plus et les moins qualifiés. Alain Lecanu préfère parler de ceux qui sont «plus ou moins éloignés de l’emploi» car la formation continue est «nécessaire à tous». Pour cela, la GPEC est un «magnifique outil d’anticipation» qui doit s’articuler entre branches, entreprises et territoires. Toujours pour favoriser la notion de «suivi», la CFE-CGC préconise d’assurer à chaque salarié «un bilan professionnel tous les cinq ans, en lien avec le bilan de compétence». La fin de la négociation GPEC, le 14 novembre, devrait correspondre, espère la CFE-CGC, avec la création d’un groupe de travail sur ce dossier. Enfin, la CFE-CGC ne voit «pas d’inconvénient» à ce que les seniors ne cotisent plus à l’assurance chômage s’ils disposent du nombre d’annuités suffisant pour une retraite à taux plein : «pourquoi ne pas verser ces cotisations directement aux caisses complémentaires de retraite ?».

Travail dominical


Aveu d'impuissance


 
Le gouvernement veut assouplir la législation sur le travail du dimanche avec l’objectif de soutenir l’emploi. «Illusion», rétorque la CFE-CGC commerce : «le chiffre d’affaires d’un magasin ne progresse pas, sur l’année, en fonction de ses heures d’ouverture mais en fonction du pouvoir d’achat des consommateurs». Le syndicat pointe «l’aveu d’impuissance» du gouvernement qui «admet que pour pouvoir obtenir un salaire décent dans le commerce, la seule solution est d’accepter une dégradation de ses conditions d’emploi (...) et au final de mettre ainsi à mal sa vie personnelle et familiale».
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«Il n’y a pas plus de bon stress qu’il n’y a de bonne maladie», a déclaré Bernard Salengro, secrétaire national, en lançant le deuxième tome de la bande dessinée CFE-CGC consacrée au stress... Un outil destiné aux délégués afin de les armer à lutter contre une maladie professionnelle que chacun peut rencontrer tous les jours dans son entreprise...
Contactez votre union ou structure syndicale CFE-CGC la plus proche.
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Environnement

 

La dimension sociale du Grenelle

 
À l’occasion de la table ronde CFE-CGC du 16 octobre dernier consacrée aux suites du Grenelle de l’environnement et animée par Jean-Frédéric Dreyfus, secrétaire national, Bernard Van Craeynest a justifié l’action syndicale en matière de développement durable : «elle est essentielle si l’on veut influer sur nos modes de vie en entreprise». Catherine Larrieu, du Commissariat général au développement durable (MEEDDAT), reconnaît que le terme «Grenelle» sous-entend bien l’existence d’un lien entre le développement durable, l’économie, le social et l’entreprise. Arnaud Gossement, porte parole de France Nature Environnement souligne lui aussi la nécessité de penser le Grenelle dans l’entreprise : «il doit se faire dans les textes mais aussi dans les têtes», en particulier au plus près des «processus décisionnels» dans l’entreprise ; il parle ainsi «d’économie verte». Un objectif qu’on ne pourra atteindre «du jour au lendemain» estime Alain Capmas (MEDEF) qui souhaite un «autre type de dialogue avec les syndicats» pour y parvenir. Huguette Viglietti, considère pour la CFE-CGC, «l’importance de la prise en compte du volet social» dans les travaux à venir du Grenelle, en particulier dans sa dimension européenne : la CFE-CGC demande la création de comités de développement durable dans l’entreprise. Marie-Anne Montchamp, députée UMP, estime que cet aspect social constitue même une espèce de «Grenelle invisible» qui nous oblige à nous interroger : «pourquoi gagner plus si c’est pour se rendre malade ?». Antoine de Gabrielli (Companieros) détecte des interrogations fortes chez les étudiants : «comment le développement durable va impacter les métiers de demain ?». Une réponse que doivent trouver les chefs d’établissement en déterminant les «savoir être dans la pratique du développement durable dans les métiers»...

Lycées

 

Pré-requis

 
La réforme des lycées envisagée par le gouvernement est fondée sur «un enseignement organisé par modules», selon le Conseil national des groupes académiques (CNGA) CFE-CGC. Favorable à un enseignement «progressivement optionnel», le syndicat juge cependant que l’implication forte et nécessaire du corps enseignant à cet objectif est contrecarrée par la réduction du nombre de postes et la baisse du pouvoir d’achat constatées. Par ailleurs, la CFE-CGC pointe le «danger qu’il y aurait pour les élèves à choisir des disciplines «attrayantes» sans tenir compte des pré-requis nécessaires à la poursuite d’études ou à l’entrée dans la vie professionnelle».

Europe

 

Initiative nécessaire contre la crise

 
La Confédération européenne des cadres (CEC) réclame «une initiative législative», en vue d’une «situation harmonisée dans les pays de l’Union» : elle demande qu’une «compensation entre sommes dues pour rembourser des prêts personnels et dépôts d’épargne des particuliers» soit «réglementée au niveau européen».
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Amiante

 

Mauvais tour

 
Par le biais du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), «le gouvernement exonère les entreprises de toute responsabilité financière» et donc «alourdit la prise en charge par la branche accidents du travail». La CFE-CGC dénonce un mauvais tour de «passe-passe» au détriment de la prévention et de la réparation... (Cqué de presse, 20.10.2008).

Pouvoir d'achat

 

Ça se confirme

 
«Au moins un cadre en poste sur deux a perdu en 2007 du pouvoir d’achat», constate l’APEC, confirmant ainsi l’enquête salaire de la CFE-CGC (voir Lettre n°1207). De même, l’agence constate que les augmentations individuelles sont plus fréquentes et plus élevées que les augmentations collectives...
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France Télécom Orange

 

Restructuration à la hache

 
«De 1995 à 2005, nous avons perdu 40 000 emplois. De 2006 à 2008, 22 000 suppressions ont été réalisées. Nous estimons à 10/15 000 les suppressions d’emploi nouvelles dans les trois années à venir...». Pour le délégué CFE-CGC de France Télécom, il s’agit de «la plus forte restructuration industrielle depuis la sidérurgie». Et tout cela, alors que «l’État français «reste, de loin, l’actionnaire dominant ; c’est lui qui fixe finalement les règles». (France Bleu, 16.10.2008).
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Téléthon :
La CFE-CGC une nouvelle fois partenaire !
 
Le Téléthon 2008 aura lieu les 5 et 6 décembre prochain. C’est le moment de commencer à organiser vos actions !
 
N’oubliez-pas de les communiquer à :
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Crise

 

Et maintenant des actes

«La déclinaison française du plan de sauvegarde de notre système financier qui irrigue l’économie réelle» est «à la hauteur des enjeux», a estimé la CFE-CGC après l’annonce de Nicolas Sarkozy, le 13 octobre dernier. Elle espère que la «détermination» affichée du président de l’Union européenne servira à «refonder les bases du capitalisme pour en faire un capitalisme d’entrepreneurs». La CFE-CGC attend «des actes et des décisions» et aussi toute disposition nécessaire pour éviter que des «prédateurs» s’emparent de «nos fleurons». (Cqué de presse, 13.10.2008).
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Retraite

 

La répartition justifiée

 
La crise financière aura eu au moins le mérite de répondre à ceux qui s’interrogeaient encore : le système de retraite par répartition est plus sûr que le système par capitalisation ! Pour Danièle Karniewicz, preuve est faite que la répartition est «un garde-fou incroyable par rapport à des marchés financiers volatils». Pour la secrétaire nationale et présidente de la CNAV, le développement de la retraite par répartition est possible : «les recettes, on les a». Déjà, les tenants de la capitalisation communiquent largement afin que les salariés paient plus pour leur retraite. «Pourquoi ne pas avoir le courage de leur dire qu’il faut payer plus dans le système par répartition ?». Si l’épargne retraite par capitalisation ne cesse de croître en France, c’est bien parce qu’on laisse croire aux gens qu’ils ne s’en sortiront pas autrement». (AFP, 11.10.2008).

Les réactions

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Emploi

Un parcours à sécuriser
Alain Lecanu :

Les partenaires sociaux n’ont pas attendu la crise et les déclarations gouvernementales pour engager des négociations sur le marché du travail, la formation professionnelle, la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) et le régime d’assurance chômage. De plus, ils participent activement à la définition d’une nouvelle offre de services, tournée tant vers les demandeurs d’emploi que vers les entreprises, à mettre en œuvre au sein du nouveau « Pôle Emploi ». Pour la CFE-CGC, ces dossiers dans leur ensemble, menés en parfaite synergie, doivent permettre une véritable sécurisation des parcours professionnels. C’est par la GPEC, qui intègre l’anticipation des évolutions des emplois, le suivi régulier des qualifications et des compétences des salariés grâce au bilan d’étape professionnelle, et par le perfectionnement des dispositifs liés à la formation continue que nous avancerons sur la sécurisation des parcours professionnels. Tous ces moyens conjugués à une remise à plat pertinente de l’assurance chômage, nous permettront de mieux accompagner les ruptures professionnelles et favoriser un retour plus rapide vers des emplois durables et de qualité.
 
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La crise


Oui, mais laquelle ?


Jean Conan :
 
Les crises de nerf des traders se sont muées en crise de confiance entre banques, puis par des crises cardiaques chez les épargnants… Mais peut-être devrions nous envisager plutôt la crise alimentaire pour les damnés de la terre et la crise des matières premières pour les industriels, voire même la crise énergétique qui pointe son nez avec la crise climatique dont on ne fait que soupçonner l’arrivée… Tout cela n’arrange ni le moral des citoyens, ni la trésorerie des entreprises, premières pourvoyeuses d’emplois nouveaux dans le pays... Alors, hier la crise financière, aujourd’hui la crise boursière, mais demain la crise économique, et bientôt la crise politique, comme le pronostiquent avec gourmandise les révolutionnaires de tout bord ? Pas si sûr… Même si tout le monde s’accorde à dire que le sauvetage des banques ne suffira pas à éviter une récession en 2009, il y a belle lurette que « la crise » désigne en fait, un changement d’époque, et non pas cet état de stress passager après lequel reviendrait l’état initial, juste apaisé d’avoir exsudé ses excès. La crise ? Bienvenue aux temps nouveaux, incertains, probablement pas pires, sûrement moins stables … et comme il n’y a jamais eu autant de chercheurs dans le monde qu’aujourd’hui, s’il y a une chose dont on peut être certain, c’est que demain changera encore plus vite qu’hier… Autant apprendre VITE à gérer LA CRISE !... La mise en place de régulations nouvelles est à l’évidence l’urgence du moment pour éviter les désastreux retards du citoyen et du politique sur la science, fut-elle bancaire.
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La crise


Le budget est-il adapté ?


Jean Conan :
Le fonctionnement de l’État nécessite qu’un budget soit adopté, ne serait-ce que pour liquider les dépenses de toute nature engagées par la puissance publique, et encaisser les taxes et impôts. Car c’est de la loi de finance que dépenses et recettes publiques tirent leur légalité. Comme tout budget, celui de l’État est un exercice prévisionnel, et les exemples foisonnent, hélas ! de dépenses ou de recettes fiscales décidées en cours d’année, en dehors de toute discussion budgétaire, en fonction des événements. Ceci montre que l’adaptation n’est pas un vain mot, et le collectif budgétaire de l’été est souvent là pour ça. Un budget n’est sincère que s’il s’approche au mieux de la réalité connue de bonne foi au moment de sa construction et de son vote. En ce sens, « au mieux » suggère « au plus exact », mais veut dire aussi « au plus efficace », et chacun sait combien la psychologie pèse dans les comportements mâtinés de méthode coué. Alors, le budget 2009 n’est certes pas très réaliste (à 1%, la croissance est évidemment surestimée), mais il se garde de pessimisme qui eut été la pire des attitudes. Quoi qu’il en soit, la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement est à peu près nulle. Alors, au moins ne pas désespérer et se réserver le champ des possibles…
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