Lettre confédérale n°1211 du 5 décembre 2008

La lettre confédérale

Lettre confédérale N°1211 du 5 décembre 2008
L'Edito :

Merci !

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Quelques heures après le scrutin prud’homal, ma première pensée et mes chaleureux remerciements vont vers vous, sympathisants, adhérents, militants, sections syndicales, syndicats, fédérations, confédération... sans oublier les salariés de nos structures ! Vous vous êtes toutes et tous investis sans compter depuis dix-huit mois pour constituer les listes, faire campagne et être acteurs de ces élections.
 
Ce sont votre travail, votre militantisme, votre abnégation qui ont permis notre progression significative toutes sections confondues et la reconquête de la première place dans la section encadrement !
 
Dans un contexte difficile, 19 millions de salariés n’ont fait l’objet que de bien peu d’attention quand ils n’ont pas fait les frais de la désorganisation, des couacs et des obstacles d’une bien pauvre campagne officielle : le débat démocratique n’en sort pas grandi... On ne peut demander à plus de dix millions de salariés, qui n’ont jamais la possibilité de voter pour un élu du personnel qui les écoute et traite leurs problèmes quotidiens, de se mobiliser pour aller élire, à l’extérieur de l’entreprise, tous les cinq ou six ans, des juges prud’homaux.
 
À l’heure où le gouvernement ne cesse de mettre l’accent sur la nécessité de négocier au plus près du terrain, il serait bien inspiré de retenir nos propositions en faveur d’instances représentatives du personnel même inter-entreprises. À la CFE-CGC, nous sommes convaincus que le défi du syndicalisme du XXIe siècle est d’être au plus près des salariés, à leur écoute, sur le terrain pour les informer, les aider, les guider dans toutes les facettes de leur vie active.
 
Pour cela, il faut nous concentrer sur l’essentiel. Taire nos divisions syndicales. Construire le rassemblement qui nous fera acteurs des évolutions du monde afin de rendre aux femmes et aux hommes leur bien être, leur bien vivre y compris au travail. Dès lors, nous ne nous préoccuperons plus du score de l’un ou de l’autre aux élections ; nous aurons, avant tout, le soutien naturel d’une majorité de salariés pour ce que nous leur apporterons !
 
Pour l’heure, je souhaite plein courage et bon mandat à nos plus de six cents conseillers prud’homaux ! Une chose est sûre : nous serons à leur côté...
 
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Les événements

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Bravo !

 
Gérard Labrune, le proclame : «non seulement nous avons regagné notre première place dans la section encadrement, mais nous le faisons avec 5 points d’avance sur la CFDT !». Dans un message électronique aux militants il a félicité toutes celles et ceux qui se sont mobilisés dans cette campagne : «Nous avions dit que nous pouvions le faire - Yes we can ! - et bien nous l’avons fait ! Vous l’avez fait. Bravo à tous car, quels que soient les moyens déployés (financiers ou techniques), rien n’aurait été possible sans l’effort intense des militants dans leurs unions territoriales... Merci de tout cela.»
 
Le secrétaire général de la CFE-CGC analyse les scores de l’ensemble des organisations : «Il est prouvé que les travaux de recomposition du paysage syndical (notamment avec l’UNSA) n’ont pas été pénalisants». Le résultat de la CGT est selon lui sans surprise : «l’angoisse, la peur, l’idéologie aussi sont de puissants moteurs pour favoriser le vote contestataire». La stratégie de la CFDT a fait «long feu», comme celle des autres centrales syndicales «traditionnelles» : cela signifie qu’il existe opportunité «pour développer une offre nouvelle qui aille bien au-delà de la revendication ; une offre qui prenne en compte la vie des individus, leurs vies multiples même tout au long de leur existence... Bref, une nouvelle offre syndicale citoyenne et sociétale».
 
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La CFE-CGC au Zénith !


La CFE-CGC au Zénith, le mardi 18 novembre à Paris, marquera longtemps les esprits. Trois mille délégués sont venus témoigner de leur mobilisation à quinze jours de l’échéance prud’homale ! Après Tours, Toulouse, Colmar, Lyon, Marseille, ce seront donc plus de huit mille d’entre eux qui auront apporté leur enthousiasme pour relever le défi d’une élection majeure.
 
Symbole de solidarité
 
Pour cette dernière étape du marathon prud’homal, la Confédération a voulu que la fête s’associe à l’engagement. Orchestre classique, chanteurs, imitateurs, bagad... ont rythmé une soirée chaloupée par des centaines de drapeaux CFE-CGC. L’Orchestre des Musiciens de La Prée, composé de jeunes professionnels, était tout trouvé pour s’accorder aux valeurs de la CFE-CGC : «sa vocation musicale est doublée d’une vocation sociale et humaniste, précise son chef, Pejman Memarzadeh, ses prestations visent au dialogue entre les sociétés et se font au profit d’œuvres de solidarité».
 
Ce souci de solidarité s’est retrouvé sur scène : des artistes handicapés de Handi Art, sous la direction d’ Ounissa Yazid, ont magnifiquement démontré que la compétence et le cœur suffisaient à faire sauter les barrières des préjugés, à l’image du monde de l’entreprise. C’est ce qu’a expliqué Sylvain Gachet de l’AGEFIPH à Bernard Van Craeynest : «vous, les syndicalistes de l’encadrement, vous êtes des coordonnateurs de l’emploi, vous êtes donc les mieux placés pour assurer l’intégration des personnes handicapées, vous pouvez permettre à chacun de se connaître et de s’estimer au-delà des préjugés». Le président confédéral a confirmé le partenariat constant de la CFE-CGC avec l’AGEFIPH, à cet égard.
 
Une édifiante carte de France de témoins militants a fait la démonstration de l’action CFE-CGC sur le terrain. Hélios Insa, trésorier national, avec émotion, a expliqué que c’était précisément pour permettre cette mobilisation au cœur des régions et des entreprises que la Confédération avait réuni des moyens de campagne exceptionnels : «mais l’étape suivante vous appartient» a-t-il lancé, «chacun doit aller chercher un collègue, un ami, une connaissance pour voter». Il a exhorté les adhérents à «ne pas laisser tomber !».
 
Effectivement, les moyens financiers et matériels mis en œuvre sont énormes, à l’image des opérations en cours en Île-de-France et présentées par Jean-Pierre Jeron et André Legault (URIF) : 3 500 mailings, 5 000 méls, des centaines de SMS, 4 000 affiches, 500 000 tracts... et 2 616 candidats CFE-CGC trouvés pour la région !
 
Symbole de mobilisation
 
Entrecoupée de plages musicales brillantes, des shows du Gospel Dreams, de l’époustouflant Michael Gregorio, des artistes du Handi Art et de l’incroyable Didier Gustin, la convention ne perdait pas le fil de la mobilisation à laquelle Gérard Labrune, secrétaire général, a rendu hommage avec un clin d’œil à une autre campagne, «Yes we can !» : «Oui, nous le pouvons, relever ce défi électoral, parce que nous le voulons. Nous voulons reconquérir la première place dans l’encadrement ; nous ne voulons pas diluer notre voix dans celle des autres et celle de la CFE-CGC doit rester singulière ! 10 % des voix, tous collèges confondus, semble être une gageure ? Tous les ingrédients sont là pour réussir !» Et de remercier tous ces militants de terrain : «sans eux, qu’aurions-nous fait ?». Aujourd’hui, la CFE-CGC couvre 98 % du corps électoral. Le secrétaire général a enfin appelé, pour la dernière ligne droite avant le 3 décembre, au dépassement de soi : «c’est n’être bon à rien de n’être bon qu’à soi», disait Voltaire. Dès lors, «que chacun se considère comme un agent électoral !». Bernard Vincent, délégué national et Monsieur prud’hommes à la CFE-CGC, a rappelé les dernières consignes de vote et l’absolue nécessité d’assurer les permanences de scrutin, le jour du vote...
 
Symbole d’action
 
Pour le président confédéral, la crise actuelle justifie d’autant plus l’action syndicale : «nous ne pouvons pas laisser détruire nos emplois, nos vies». Bien sûr, nous agissons, «là où nous sommes présents», mais qu’en est-il du million d’entreprises sans représentants syndicaux ? Nous voulons que le syndicalisme continue parce qu’il est l’intermédiation indispensable, celle qui évite de basculer dans l’affrontement.» La CFE-CGC ne se laissera pas faire, y compris par ceux qui lui lancent des «peaux de banane». Elle ne se laissera pas faire, non plus, par le gouvernement qui «fait preuve d’un autisme coupable» en refusant de voir les conséquences de ses choix en matière de représentativité syndicale et de temps de travail. Il est comme «ce scorpion qui convainc le cheval de le supporter pour passer le gué» : piqué, le cheval entraîne le scorpion dans la noyade. Le gouvernement fait de même en poussant toujours davantage les feux de la dérégulation sociale. Bernard Van Craeynest donne rendez-vous en 2009 afin que, par l’utilisation du référendum d’initiative populaire, nous obtenions l’abrogation de la loi du 20 août 2008 (les fameux 235 jours au lieu de 218 et le déplafonnement des quotas d’heures supplémentaires). D’ici là, puisque celle-ci a mis la représentativité au cœur du dispositif de démocratie sociale et qu’il n’y aura pire défaite que l’abstention, «marchons vers la victoire !».
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Téléthon :
La CFE-CGC une nouvelle fois partenaire !
 
Le Téléthon 2008 aura lieu les 5 et 6 décembre prochain. Affiches, tracts, vidéos, animations...

Les réactions

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GPEC

Un accord suspendu à d'autres
Alain Lecanu :
Vendredi 14 novembre s’est achevée la première négociation interprofessionnelle sur la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Longtemps source de conflit, la GPEC a été considérée par les entreprises comme outil de Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Aujourd’hui, l’accord précise bien la totale dissociation entre GPEC et PSE. Il s’agit d’anticiper les évolutions prévisibles des emplois et des métiers, des compétences et des qualifications, liées aux mutations économiques, démographiques et technologiques prévisibles, au regard des stratégies des entreprises, pour permettre à celles-ci de renforcer leur dynamisme et leur compétitivité. Les salariés pourront disposer des informations et des outils dont ils ont besoin pour être les acteurs de leur parcours professionnel au sein de l’entreprise ou dans le cadre d’une mobilité externe. Ainsi conçue, la GPEC permet de consolider l’emploi et de mieux armer les salariés confrontés à des restructurations. L’accord définit également des objectifs de diagnostics aussi bien collectifs (partage des informations économiques, cartographie des métiers et des compétences, référentiels métiers, …) qu’individuels. A été définie la création d’un Bilan d’étape professionnel (BEP) et plusieurs principes ont été actés : le BEP doit permettre au salarié de définir son projet professionnel, d’une part, et à l’entreprise de déterminer les besoins et les objectifs de professionnalisation de ce dernier, dans une optique de sécurisation des parcours professionnels, d’autre part. Le BEP est réservé aux salariés ayant au moins deux ans d’activité dans l’entreprise. Il est réalisé tous les cinq ans à la demande de l’intéressé, l’employeur ne pouvant opposer de refus. Ce bilan est de nature distincte de l’entretien annuel d’évaluation. Un groupe paritaire est chargé de définir les conditions de sa mise en œuvre. Sont aussi définies les articulations nécessaires entre branches, entreprises et territoires pour une meilleure coordination. Ainsi les branches rechercheront des informations communes aux entreprises ayant des relations industrielles (y compris de sous-traitance). Des expérimentations de mise en relation d’entreprises seront encouragées afin qu’il soit tenu compte de l’ensemble des acteurs du processus de production. Pour la CFE-CGC cet accord constitue le premier élément de dispositifs à mettre en œuvre au travers des autres négociations en cours, sur la formation professionnelle et sur le régime d’assurance chômage. Au final, tout en considérant positivement cet accord, la CFE-CGC ne se positionnera qu’à l’aune des autres négociations.
L’accord du 14 novembre ainsi que son condensé seront prochainement téléchargeables sur www.cfecgc.org
 
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Fiscalité


Double mensonge aux classes moyennes


Jean Conan :
Au moment où se vote le budget de l’État, l’INSEE publie le « portrait social de la France ». Les conclusions en sont claires : non, les classes moyennes ne sont pas les gagnantes de la réforme 2007 de l’impôt sur le revenu, bien au contraire. C’est l’impôt des ménages les plus aisés qui est le plus atténué par cette réforme… À l’autre bout du panel social, c’est la réforme de la prime pour l’emploi qui soutient les ménages les plus modestes. Ainsi, les classes moyennes restent une fois de plus oubliées, et les niveaux de vie continuent à se différencier. C’est bien ce qui était voulu par le gouvernement Villepin… sans oser le dire. Au même moment, l’actuel ministre du Budget défend son bilan fiscal. Mais expliquer « qu’en tendance longue, la politique du gouvernement est de réduire les impôts » relève de la même forme de mensonge soft. En réalité, les principales hausses fiscales prévues pour 2009 s’élèvent à un peu plus de 6 milliards d’euros, dont plus de 5 milliards à charge des ménages, alors que les principales baisses se chiffrent à moins de 4 milliards, dont 2,2 milliards au bénéfice des ménages. Le compte est vite fait… et ce n’est pas le plafonnement des niches fiscales qui va éviter aux classes moyennes d’en faire les frais.
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Retraite

 

Vérités et priorités

 
Danièle Karniewicz :
L’âge repère de départ à la retraite reste bien 60 ans avec 40 anuités aujourd’hui, 41 anuités demain. Ce qui change, c’est le décalage de la clause couperet, autrement dit le fait de repousser l’âge auquel un employeur peut, de façon unilatérale, décider de mettre un salarié à la retraite. Cet âge est reporté de 65 ans à 70 ans pour le privé, reporté à 65 ans pour la Fonction publique, pour les pilotes de l’aviation, pour les hôtesses et les stewards. La polémique sur un hypothétique départ à 70 ans n’est donc qu’un épiphénomène dans la problématique des retraites. La priorité n’est pas là ! Elle est de maintenir ou de réinscrire dans l’emploi les deux tiers des salariés du privé qui n’y sont plus bien avant d’atteindre la retraite à taux plein. C’est de mobiliser toutes les énergies afin de consolider le niveau de nos retraites par répartition plutôt que de bercer d’illusions des générations d’actifs et de les entraîner de façon irresponsable dans les affres des placements financiers. C’est d’expliquer que les efforts de tous sont nécessaires afin d’augmenter les ressources du système par répartition plutôt que d’abaisser le niveau des retraites. La priorité, c’est la transparence et la vérité. La transparence qui implique que le « libre choix » de travailler ou d’arrêter est strictement fonction de l’engagement du gouvernement et des partenaires sociaux sur un niveau de retraite décent en proportion des revenus d’activité. La vérité, c’est de dire que le débat sur la capitalisation ou le changement d’architecture des systèmes masque le vrai sens des responsabilités de ceux qui doivent anticiper et créer de la confiance dans nos systèmes de retraite. La priorité est de défendre notre modèle de retraite à la française plus protecteur que les modèles européens et anglo-saxons. Maybe they can… mais, pour l’instant, en matière de retraite, we do it bien mieux que les fonds de pension.
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