Pour cette dernière étape du marathon prud’homal, la Confédération a voulu que la fête s’associe à l’engagement. Orchestre classique, chanteurs, imitateurs, bagad... ont rythmé une soirée chaloupée par des centaines de drapeaux CFE-CGC. L’Orchestre des Musiciens de La Prée, composé de jeunes professionnels, était tout trouvé pour s’accorder aux valeurs de la CFE-CGC : «sa vocation musicale est doublée d’une vocation sociale et humaniste, précise son chef, Pejman Memarzadeh, ses prestations visent au dialogue entre les sociétés et se font au profit d’œuvres de solidarité».
Ce souci de solidarité s’est retrouvé sur scène : des artistes handicapés de Handi Art, sous la direction d’ Ounissa Yazid, ont magnifiquement démontré que la compétence et le cœur suffisaient à faire sauter les barrières des préjugés, à l’image du monde de l’entreprise. C’est ce qu’a expliqué Sylvain Gachet de l’AGEFIPH à Bernard Van Craeynest : «vous, les syndicalistes de l’encadrement, vous êtes des coordonnateurs de l’emploi, vous êtes donc les mieux placés pour assurer l’intégration des personnes handicapées, vous pouvez permettre à chacun de se connaître et de s’estimer au-delà des préjugés». Le président confédéral a confirmé le partenariat constant de la CFE-CGC avec l’AGEFIPH, à cet égard.
Une édifiante carte de France de témoins militants a fait la démonstration de l’action CFE-CGC sur le terrain. Hélios Insa, trésorier national, avec émotion, a expliqué que c’était précisément pour permettre cette mobilisation au cœur des régions et des entreprises que la Confédération avait réuni des moyens de campagne exceptionnels : «mais l’étape suivante vous appartient» a-t-il lancé, «chacun doit aller chercher un collègue, un ami, une connaissance pour voter». Il a exhorté les adhérents à «ne pas laisser tomber !».
Effectivement, les moyens financiers et matériels mis en œuvre sont énormes, à l’image des opérations en cours en Île-de-France et présentées par Jean-Pierre Jeron et André Legault (URIF) : 3 500 mailings, 5 000 méls, des centaines de SMS, 4 000 affiches, 500 000 tracts... et 2 616 candidats CFE-CGC trouvés pour la région !
Symbole de mobilisation
Entrecoupée de plages musicales brillantes, des shows du Gospel Dreams, de l’époustouflant Michael Gregorio, des artistes du Handi Art et de l’incroyable Didier Gustin, la convention ne perdait pas le fil de la mobilisation à laquelle Gérard Labrune, secrétaire général, a rendu hommage avec un clin d’œil à une autre campagne, «Yes we can !» : «Oui, nous le pouvons, relever ce défi électoral, parce que nous le voulons. Nous voulons reconquérir la première place dans l’encadrement ; nous ne voulons pas diluer notre voix dans celle des autres et celle de la CFE-CGC doit rester singulière ! 10 % des voix, tous collèges confondus, semble être une gageure ? Tous les ingrédients sont là pour réussir !» Et de remercier tous ces militants de terrain : «sans eux, qu’aurions-nous fait ?». Aujourd’hui, la CFE-CGC couvre 98 % du corps électoral. Le secrétaire général a enfin appelé, pour la dernière ligne droite avant le 3 décembre, au dépassement de soi : «c’est n’être bon à rien de n’être bon qu’à soi», disait Voltaire. Dès lors, «que chacun se considère comme un agent électoral !». Bernard Vincent, délégué national et Monsieur prud’hommes à la CFE-CGC, a rappelé les dernières consignes de vote et l’absolue nécessité d’assurer les permanences de scrutin, le jour du vote...
Symbole d’action
Pour le président confédéral, la crise actuelle justifie d’autant plus l’action syndicale : «nous ne pouvons pas laisser détruire nos emplois, nos vies». Bien sûr, nous agissons, «là où nous sommes présents», mais qu’en est-il du million d’entreprises sans représentants syndicaux ? Nous voulons que le syndicalisme continue parce qu’il est l’intermédiation indispensable, celle qui évite de basculer dans l’affrontement.» La CFE-CGC ne se laissera pas faire, y compris par ceux qui lui lancent des «peaux de banane». Elle ne se laissera pas faire, non plus, par le gouvernement qui «fait preuve d’un autisme coupable» en refusant de voir les conséquences de ses choix en matière de représentativité syndicale et de temps de travail. Il est comme «ce scorpion qui convainc le cheval de le supporter pour passer le gué» : piqué, le cheval entraîne le scorpion dans la noyade. Le gouvernement fait de même en poussant toujours davantage les feux de la dérégulation sociale. Bernard Van Craeynest donne rendez-vous en 2009 afin que, par l’utilisation du référendum d’initiative populaire, nous obtenions l’abrogation de la loi du 20 août 2008 (les fameux 235 jours au lieu de 218 et le déplafonnement des quotas d’heures supplémentaires). D’ici là, puisque celle-ci a mis la représentativité au cœur du dispositif de démocratie sociale et qu’il n’y aura pire défaite que l’abstention, «marchons vers la victoire !».