Le sommet social du 18 février à l’Élysée était très attendu. Dommage qu’il n’ait pas eu lieu en décembre pour équilibrer le plan de relance par l’investissement. J’imagine que les 17 millions de téléspectateurs qui ont suivi entre 20h00 et 20h09 l’intervention du chef de l’État devaient se dire : «et pour moi et ma famille, qu’est-ce que cela donne ?». Ils ont sans doute eu du mal à s’y retrouver.
Le catalogue de mesures annoncées, orientées, sélectives visaient l’effet masse. Mais, concernant le pouvoir d’achat, il y a si peu à distribuer compte tenu de l’état de nos finances publiques que nos gouvernements font comme avec la confiture : moins il y en a, plus on l’étale ! Tant mieux pour les millions de personnes qui disposeront de quelques centaines d’euros supplémentaires cette année. Mais ces mesures sont-elles bien ciblées et efficaces pour les intéressés et notre économie ? Ne vont-elles pas, à l’instar des niches fiscales, renforcer l’écart existant entre les personnes qui sont toujours dans la bonne tranche pour bénéficier de toutes les aides et celles qui n’y sont pas et qui n’ont que le droit de payer et souffrir en silence ?
La CFE-CGC a demandé une nouvelle fois une remise à plat de la fiscalité pour la rendre lisible, cohérente et équitable mais aussi que l’on raisonne en revenu net disponible pour apprécier le pouvoir d’achat des uns et des autres.
Concernant le volet emploi du dispositif présenté par Nicolas Sarkozy, il existe un consensus pour éviter au maximum la rupture du contrat de travail, mieux indemniser le chômage partiel et dynamiser la formation. La CFE-CGC a proposé que toutes les demandes de DIF et de CIF soient acceptées dans les plus brefs délais...
À propos du partage de la valeur ajoutée et des profits, il faudra bien que le patronat accepte d’ouvrir ce débat très vite. Certes, toutes les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne. Mais il est urgent, en fonction de leurs taille, secteur, nature du bénéfice dégagé... que nous déterminions des règles claires pour soutenir leur pérennité, l’investissement, l’emploi et les rémunérations des salariés. Autrement dit, lorsque le capital est majoritairement détenu par des hedge funds, fonds de pension ou de private equity, il faut imposer que les profits poussés à l’extrême sur courte période, qui représentent de 15 à 30 % du capital investi, soient obligatoirement partagés selon la règle des trois tiers, par exemple.
Nous avons également demandé que les quelques dirigeants cyniques de grands groupes qui cumulent incompétences et récompenses voient leurs rémunérations conditionnées à l’atteinte de leurs objectifs. Ils verront ainsi comment vivent les salariés des classes moyennes, l’encadrement en particulier, qui subissent depuis des années individualisation des salaires et parts variables.
Le président de la République a beaucoup parlé de justice, ce 18 février. Il est temps que tous nos concitoyens perçoivent que nous vivons dans un pays juste et équitable. Il reste beaucoup de chemin à parcourir...