Lettre confédérale n°1224 du 26 juin 2009

La lettre confédérale

Lettre confédérale N°1224 du 26 juin 2009
L'Edito :

Prêt sur gage

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Le président de la République sait parler. Envolées sociales devant l’Organisation internationale du travail (OIT), speech à la Obama devant le congrès des parlementaires et harangue de chef de troupe à la nouvelle équipe ministérielle. Normal quand on se veut chef de l’État.
 
Pour autant, je ne suis absolument pas surpris du contenu de ses messages. Nicolas Sarkozy me l’avait déjà dit, avec cette même conviction : «je veux alléger le coût du travail, il faut changer l’assiette de financement des cotisations...». C’était en août 2007 ! Depuis, les discours se multiplient et leur fougue ne suffit plus à nous convaincre.
 
Avec le remaniement ministériel, on nous promet pour très bientôt une feuille de route. Mais nous la connaissons déjà ! Lancée à Toulon en septembre 2008, peaufinée à Saint-Quentin en mars 2009, redite à Versailles la semaine dernière, Nicolas Sarkozy se répète. Tous les laissés pour compte de la crise connaissent ses intentions. Ils veulent aujourd’hui des actes. On ne peut pas indéfiniment appeler à la mobilisation contre la crise et rester en permanence l’arme au pied : les chômeurs, les jeunes, les seniors, les catégories moyennes risquent de se lasser.
 
Ainsi en est-il du projet de grand emprunt national, relayé maintenant par le Premier ministre. L’opération est délicate car notre pays connaît un endettement dangereusement sur-dimensionné. Le président de la République promet de consulter les partenaires sociaux pour mieux définir ses objectifs. Très bien, nous lui redirons, encore une fois, nos priorités en termes de formation, d’éducation, de recherche et développement. Ce qu’il sait très bien d’ailleurs !
 
Maintenant, l’État ne pourra réussir son opération que s’il respecte deux conditions. Un : le taux de rémunération de cet emprunt devra garantir le placement de nos concitoyens, puisqu’il semble qu’ils seront sollicités. Les conséquences de la crise ne sont pas là pour les rassurer et le risque d’inflation n’est pas totalement exclus. Deux : l’opération devra être suffisamment attractive pour changer le comportement des épargnants. Si le taux d’épargne en France est élevé, autour de 15 %, il est surtout associé à des produits financiers de type assurance vie. Cette fois, il va falloir les décider à investir dans des projets «porteurs d’avenir». Un simple taux d’intérêt ne suffira pas.
 
Nicolas Sarkozy devra nous persuader que la France s’engage sur la voie d’une croissance soutenue. Si le fonds stratégique d’investissement est mobilisé, il devra être tout entier tourné vers le redéploiement et le développement de nos entreprises, notamment vers les nouvelles technologies et la croissance «verte».
 
Et ce ne sera pas tout. Nous savons que le tout économique, la croissance pour la croissance, ne répondent plus aux attentes des salariés. Nous voulons aussi préserver un modèle social mis en grand danger car en panne de financement. Le devenir de la retraite, de la dépendance, de la couverture sociale... est de plus en plus préoccupant.
 
Si j’étais objectivement rassuré sur leur sort, alors je n’hésiterais pas à emprunter... pour mieux prêter.
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Les événements

SMIC
 
Gare au tassement !
Le SMIC est revalorisé de 1,3 % au 1er juillet. Alain Lecanu met en garde contre la non répercussion de cette augmentation sur les grilles salariales: «on va observer encore une fois un tassement de la grille salariale des classes moyennes et des cadres» (AFP, 22.06.2009).

Bienvenue M. Darcos !

 
«Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, souhaite la bienvenue au nouveau ministre des Affaires sociales, Xavier Darcos.
Il constate que les ministres passent, mais que les dossiers sont toujours aussi denses et en attente de réponses concrètes.
La CFE-CGC souhaite la mise en œuvre rapide d’un dialogue fructueux avec Xavier Darcos pour conclure le dossier pénibilité au travail pour lequel nous avons remis à Brice Hortefeux nos propositions.
Que cela soit l’entrée des jeunes dans la vie active, leur professionnalisation pour laquelle la CFE-CGC demande toujours un véritable plan tutorat, jusqu’au taux d’emploi des seniors en passant par la santé au travail, l’égalité professionnelle et l’avenir des retraites, nous avons beaucoup à faire pour montrer que le dialogue social entre gouvernement et syndicats ne se résume pas à de courtois échanges sans lendemain». (Cqué de presse, 24.06.2009)

Discours au congrès

 

Qui sont les payeurs ?

 
Le président de la République s’est voulu très «volontariste» et «inflexible» devant le congrès des parlementaires, le 22 juin 2009. Gérard Labrune, secrétaire général retrouve quelques orientations CFE-CGC, notamment dans la réforme territoriale annoncée et formule l’espoir d’une stabilisation de la fiscalité locale rendue «plus lisible». Il n’est pas «choqué» par l’annonce d’un emprunt national - «la moins mauvaise solution» - mais attend qu’en soit précisé l’emploi. Quant à la taxe carbone, «il ne faudrait pas qu’au lieu de stimuler la recherche d’énergies renouvelables (...), l’affaire ne se solde par de nouvelles charges pour les entreprises et les ménages car l’expérience montre toujours qui sont les payeurs en dernier ressort». (www.cfecgc.org)

OIT

 

Régulateur social

 
À l’occasion du discours de Nicolas Sarkozy à l’Organisation internationale du travail (OIT), le 15 juin dernier, Bernard Van Craeynest a estimé : «Avec la crise que nous vivons, il y a besoin de nouvelles régulations économiques et financières et on voit mal comment on pourrait ne pas y placer également de nouvelles régulations sociales». La CFE-CGC demande que l’OIT soit «partie prenante des débats sur les nouvelles régulations mondiales» (BFM, 15.06.2009).

Formation

 

Le temps presse

 
Les modalités d’application du bilan d’étape professionnel sont suspendues à un accord des partenaires sociaux sur divers amendements. La CFE-CGC accorde qu’il est nécessaire de préciser que «le bilan d’étape professionnel ne se substitue pas au bilan de compétences». De même il conviendra de compléter ses modalités de financement. Quant au transfert demandé des personnels d’orientation de l’AFPA vers Pôle emploi, Alain Lecanu y est favorable, s’il s’inscrit dans une véritable «offre de services». Par ailleurs, alors que la crise pointe la nécessité vitale d’une formation efficace, le secrétaire national regrette les reports successifs de l’examen du projet de loi : «à croire que la formation professionnelle n’est pas si prioritaire pour le gouvernement». (L’actualité de la formation, 18.06.2009).

Âge de la retraite

 

Syndrome du sapeur Camembert

 
Le ministre du Travail et le Premier ministre lancent l’idée de retarder le départ de l’âge à la retraite pour combler le déficit de la Sécurité sociale. Pour Bernard Van Craeynest, il ne s’agit que d’une «simple piste». Mais il faut, d’abord, démontrer que «nous sommes en capacité de laisser les seniors dans l’emploi suffisamment longtemps». Le président de la CFE-CGC pointe aussi une autre priorité : «la pénibilité au travail» (15.06.2009). Il ajoute : aux entreprises de faire «la démonstration qu’elles sont en mesure de gérer la carrière de leurs salariés, et notamment des seniors, sans les obliger à passer par la case chômage». Le 17 juin, Gérard Labrune, secrétaire général, écrit au Premier ministre pour contester l’efficacité du projet : «économiquement, aussi longtemps que l’emploi des seniors ne sera pas une réalité (...) vous ne ferez que déplacer un déficit retraite vers un déficit chômage ; c’est le syndrome du sapeur Camembert !». Il dénonce aussi l’injustice sociale que représente cet «âge couperet». La CFE-CGC demande une «reprise des négociations» avec le souci de conserver à la retraite son «caractère répartitaire». Danièle Karniewicz pointe un autre problème qu’il faudra bien rédoudre : le taux de remplacement qui «ne cesse de baisser depuis la réforme Balladur de 1993». Les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR) font passer le niveau de la retraite par rapport à l’ancien salaire de 70 % aujourd’hui pour un non cadre, à 59 % en 2050. (La Croix, 16.06.2009).

Retraite des femmes

 

Maintenir un juste avantage

 
La jurisprudence évoluant, une réforme des avantages de retraite accordés aux femmes s’avère nécessaire. Danièle Karniewicz, présidente CFE-CGC de la CNAV, constate que les femmes, en moyenne, ne cotisent que 34 annuités alors qu’il en faut 40 pour une retraite à taux plein. «Leurs pensions sont donc très inférieures à celles des hommes». Une modification des critères nécessaires pour bénéficier de la majoration de deux ans par enfant de la durée d’assurance est probable. La secrétaire nationale évoque une piste : «accorder les deux années de majoration par enfant au couple (...), c’est alors au couple de décider qui, des deux parents, bénéficie de ce droit ou bien de le partager entre les conjoints» (Les Échos, 18.06.2009).
REPRÉSENTATIVITÉ
Chez SFR, la CFE-CGC conserve sa représentativité, forte de ses 16,33 % des voix au CE. À la RATP, la CFE-CGC entre au conseil d’administration «par la grande porte» en gagnant un des neuf postes à pourvoir (7,7 % des suffrages, dont 42 % dans le seul collège cadres). À la Caisse des dépôts et consignations, la CFE-CGC renforce sa deuxième place chez les délégués du personnel grâce à 20,04 % des voix.

CEC

 

Liarokapis président

 
Georges Liarokapis (CFE-CGC) a été renouvelé à la présidence de la Confédération européenne des cadres (CEC), lors du congrès des 4 et 5 juin 2009. Quant à la Confédération internationale des cadres (CIC), la CFE-CGC souhaitant son essor hors du continent européen, a désiré la distinguer de la CEC avec l’objectif d’assurer ainsi son autonomie et son envol. Un groupe d’étude sera mis en place pour une année, à l’issue de laquelle les voies et moyens nécessaires à cet objectif seront mis en débat.
www.cec-managers.org

Soins palliatifs

 

Mensonges ministériels

 
Le ministre de la santé se réjouit de la poursuite d’une «véritable culture palliative» et de l’adaptation des formations des personnels médicaux. Rien n’est plus faux, dénonce le Syndicat national des professionnels infirmiers : l’enseignement palliatif n’apparaît pratiquement pas dans le nouveau programme de formation «alors que les perspectives démographiques exigent au contraire un renforcement de ces compétences». (Flash infirmier, 23.06.2009).

Rioglass

 

Victime de la crise

 
La crise du marché automobile n’en finit pas de faire des victimes. Dernière en date : Rioglass France, producteur de vitrages (Seine-et-Marne) où 95 licenciements sont envisagés, soit 33 % de l’effectif. La CFE-CGC Chimie «se montrera particulièrement vigilante quant aux conditions d’accompagnement des salariés concernés» et demande des investissements «permettant d’assurer la pérennité» de l’entreprise.

Michelin

 

Pas confiance

 
Le fabricant de pneus annonce la suppression de 2 900 postes d’ici à fin 2011. Restructurations, fermeture de sites, départs volontaires sont au programme. La direction «veut aller vite», regrette la CFE-CGC : «elle confond vitesse et précipitation alors qu’il est important d’avoir un vrai débat sur les raisons économiques de ce plan». Le délégué CFE-CGC est méfiant : «une des composantes importantes dans l’adhésion des salariés à leur entreprise, c’est la confiance dans les responsables» mais, aujourd’hui, «il y a une véritable cassure en termes de confiance». (France bleu, 22.06.2009).

Restauration

 

Rupture

 
Le député Thierry Mariani (UMP) avait déposé un amendement sur le partage d’une partie du chiffre d’affaires entre les salariés dans la restauration. Une tentative, selon l’intersyndicale, de «remise en cause de la rémunération au pourcentage du personnel en contact avec la clientèle». La CFE-CGC a signé une déclaration commune prenant acte de «la rupture du dialogue social» ainsi engendrée, à l’heure où se négocient les salaires. L’amendement a finalement été retiré.

Pharmacie

 

Vie ou profit ?

 
«Les grandes multinationales de la pharmacie préfèrent le profit à la vie», affirme l’intersyndicale du secteur. La CFE-CGC est partie prenante d’un appel aux pouvoirs publics afin qu’ils les contraignent à rendre les médicaments plus accessibles au plus grand nombre. Sont mises en cause la durée excessive de certains brevets et les «pressions» sur des visiteurs médicaux pour «générer du chiffre d’affaires» (AFP, 18.06.2009).

RATP

 

Prévention de la pénibilité

 
La CFE-CGC est signataire de l’accord portant création de L’Observatoire des conditions d’exercice des métiers» à la RATP. L’objectif est de «définir une politique de l’entreprise en matière de prévention et de réduction des contraintes».

AZF

 

Reprendre les investigations

 
Les cause de l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, en 2001 (31 morts) restent mystérieuses. Les avocats des salariés rejettent la thèse de l’accident industriel et demandent un supplément d’information. L’avocat de la CFE-CGC précise : «La seule solution raisonnablement envisageable est de reprendre les investigations pour aller plus loin, avec une approche objective et rigoureuse, en reprenant chacune des pistes» (AFP, 19.06.2009).

Canal+

 

Ridicule !

 
On sait, grâce à la CFE-CGC, que le stress professionnel est une véritable maladie dans nos entreprises. Chez Canal+, la direction en prend conscience à sa manière : pour l’endiguer, elle organise une «semaine du bien être» et de la «réflexologie plantaire». Une action «inefficace, dispendieuse et ridicule» juge la CFE-CGC. «Nous demandons une vraie réflexion interne à la situation de l’entreprise, à la situation des cadres qui travaillent toujours plus dans des conditions périlleuses».

ORSE

 
L’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE) publie un guide sur «les pratiques d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes dans les entreprises». Un véritable outil d’aide à la négociation auquel a activement participé la CFE-CGC.

Les réactions

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Fiscalité locale

 

Le grand soir ?

 
Jean Conan :
Comment baisser les impôts sur les ménages, en baissant simultanément les impôts sur les sociétés, tout en finançant une coûteuse lutte contre la crise ? Le gouvernement aurait-il une formule magique ? Hélas ! non. Il n’en existe pas. Les emprunts d’aujourd’hui font les dettes de demain, et le gouvernement, fut-il rénové, devra bien faire face à un endettement considérable. Si nous ne voulons pas hypothéquer pour longtemps la possibilité que revienne la croissance, il nous faut maîtriser les déficits et combler la dette. Or le président de la République persiste et signe, la taxe professionnelle va être largement réformée et allégée, augurant d’une révision de la fiscalité locale. Et savez vous qui va finalement payer ?... Vous avez gagné ! Toujours les mêmes pardi ! Ceux qui ne sont pas assez riches pour habiter en Suisse ou à Monaco, mais qui ne sont pas assez pauvres pour ne pas payer de taxe d’habitation ou de taxe foncière : les classes moyennes. Une population exploitée et ayant perdu tout espoir de vivre un jour dans une certaine aisance bien méritée à l’âge de la retraite et de l’installation des enfants.
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Délibération sociale

 

Vous avez dit modernisation ?

 
Bernard Valette :
S’il fallait une preuve de la nécessité de moderniser le dialogue social, elle nous a été apportée par le MEDEF, le 22 juin dernier lors de la première réunion de délibération sociale. Figurez-vous que la CFE-CGC a réitéré sa demande afin que, logiquement, le partage des richesses et l’éventail des salaires soient à l’ordre du jour. Un sujet suffisamment «sensible» pour le MEDEF pour qu’il déclare, tout bonnement, avoir des difficultés à en parler, convaincu qu’un dialogue à ce propos est a priori vain. Le patronat a annoncé en conséquence qu’il fera part de ses propositions directement au président de la République avant le 15 juillet, dans la continuité du rapport Cotis. Autrement dit, le patronat n’accepte le dialogue qu’à la condition d’en imposer l’objet. Cela est d’autant plus édifiant, qu’en réponse à notre étonnement, le MEDEF indique clairement «ne pas être sûr» de voir sa position évoluer dans le cadre de nos discussions ! C’est ce qu’on appelle avoir une vision «moderne» du dialogue social. Pour rester dans le ton, la CFE-CGC a courtoisement rappelé que moderniser le dialogue social, c’était aussi s’assurer de la légitimité des acteurs. La loi du 20 août 2008 l’ayant fait pour les organisations syndicales de salariés, il est donc naturel de mettre sur la table la représentativité des représentants des employeurs. Au final, les thèmes de délibération arrêtés sont les suivants : le dialogue social dans les très petites entreprises ; la gouvernance ; le contrat d’engagement social ; les institutions représentatives du personnel. Et, ne désespérons pas, les rémunérations et le partage des richesses.
 
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Crise

 

Négociation mal engagée

 
Alain Lecanu :
Le MEDEF nous a transmis un document de travail avant la réunion de négociation du 24 juin sur la gestion sociale des conséquences de la crise sur l’emploi. Il y montre la principale préoccupation des employeurs : s’aménager de nouveaux espaces de « libertés sociales » et s’affranchir de certaines contraintes. La négociation a bien confirmé cette impression. Alors que toutes les organisations syndicales étaient prêtes à accepter certaines mesures « socialement difficiles », à condition qu’elles soient temporaires, le MEDEF a surtout porté son effort à modifier le Code du travail de manière définitive. Exemple : l’extension du chômage partiel aux salariés en forfait-jours. Les employeurs souhaitent inscrire cette possibilité dans le Code du travail sous prétexte d’égalité de traitement entre les salariés ! La CFE-CGC aurait apprécié cette sollicitude lorsque ce forfait-jours a été imposé aux cadres (13 heures de travail possibles par jour contre 10 heures pour les autres salariés). Avec la même approche, les employeurs se sont empressés de demander son extension à certains non-cadres. Si c’est cela la vision du MEDEF de l’égalité de traitement, ce n’est certainement pas celle de la CFE-CGC. Pour sa part, la CFE-CGC a proposé de mieux accompagner les licenciés économiques en améliorant deux dispositifs. Le premier, le congé de reclassement, mis en place dans les entreprises de plus de 1 000 salariés, en augmentant sa durée maximale (12 mois au lieu de 9) ainsi que son indemnisation (de 65 % à 80 % du salaire brut). Le second, la Convention de reclassement personnalisé (CRP), pour les entreprises de moins de 1 000 salariés, en portant de 8 à 12 mois la durée d’indemnisation et son montant à 80 % du salaire brut, en améliorant l’accompagnement (1 conseiller pour 30 demandeurs d’emploi) et en supprimant la condition de 2 ans d’ancienneté dans l’entreprise, requise pour avoir accès au dispositif. Réponse du MEDEF : nous verrons cela après le 1er juillet, date de la rencontre entre le président de la République et les partenaires sociaux. De même que pour le partage de la valeur (rapport Cotis), le MEDEF vise à rendre ses propositions d’abord au gouvernement, verrouillant ainsi toute possibilité de négociation ultérieure et déniant aux partenaires sociaux la faculté d’être force de propositions. Cela est inacceptable.
 
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Sécurité sociale

 

Besoin structurel

 
Danièle Karniewicz :
Les comptes sont au rouge avec 20 milliards de déficit annoncés pour 2009 et 30 milliards pour 2010 ! C’est une situation d’urgence pour la trésorerie de l’ACOSS mais, c’est aussi, une responsabilité majeure au regard des jeunes générations. Bien sûr, la crise amplifie les besoins de financement par la baisse des cotisations assises sur une masse salariale qui perd quatre points entre les hypothèses du PLFSS 2009 et la révision actuelle. Rappelons qu’un point de masse salariale en moins correspond à un manque de recettes de 2 milliards pour la Sécurité sociale. Mais la crise n’explique pas tout car les déficits sont structurels, liés au vieillissement de la population, à l’évolution défavorable du rapport entre actifs et retraités et à une déficience du système de santé. Les solutions, inévitablement, sont de repenser l’assiette de financement de la protection sociale et de faire évoluer les comportements. La logique d’efforts est incontournable pour tous les acteurs, y compris les assurés ! L’ampleur du problème rend obligatoire une mise à plat de tous les paramètres d’équilibre sans aucun tabou. Si nous voulons préserver les fondamentaux de notre Sécurité sociale, toutes les pistes sont à explorer avec exigence au regard de l’intérêt général et pour la défense des classes moyennes ; ces classes moyennes, cibles de tous les enjeux, qui portent et respectent la solidarité et continueront à la respecter tout aussi longtemps que la mise en œuvre politique de la solidarité les respectera.
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Loi hôpital

 

À courte vue

 
Danièle Karniewicz :
La loi « hôpital, patients, santé, territoire » adoptée le 24 juin ne va pas assez loin. Aucune garantie n’est donnée aux assurés en termes d’amélioration de l’accès aux soins. Le problème des dépassements d’honoraires n’est pas réglé, et le contrat santé-solidarité imposé aux médecins est un bien petit geste pour réduire les déserts médicaux. La gestion du risque n’est plus uniquement l’affaire de l’assurance maladie mais également des ARS et nous ne savons pas aujourd’hui quel sera le partage des responsabilités. Les caisses locales devront en plus répondre à une double hiérarchie, source de contradictions. Et les assurés dans tout cela ? Nous craignons fortement que la gestion du risque soit happée par les ARS et échappe aux partenaires sociaux. La solidarité en temps de crise est plus que jamais d’actualité et nous souhaitons la sauvegarder pour que tous les assurés sociaux aient un égal accès aux soins. L’Etat serait plutôt enclin à déléguer une part de cette gestion aux assureurs privés. Les classes moyennes seraient les premières touchées par la hausse inéluctable des tarifs des complémentaires santé, ce que nous ne pouvons accepter.
 
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