L'avenir du syndicalisme
Pour imaginer le futur du syndicalisme, Carole Couvert, secrétaire générale, a convié, le vendredi 19 février, des observateurs très au fait de l’évolution sociale. Michel Yahiel, président de l’Association nationale des DRH (ANDRH), Cécile Guillaume, maître de conférences à Lille 1 et Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail (IST). Un débat suivi avec attention par la nouvelle équipe CFE-CGC qui prône «la sortie du schéma conflictuel habituel» pour relancer le syndicalisme.
Bernard Vivier a estimé que cet objectif doit être l’occasion de « retrouver les fondamentaux » du syndicalisme : la solidarité et l’organisation du marché du travail. Sa conviction : « il s’agit moins d’inventer le syndicalisme que de le faire ! ». Et si la notion collective a moins de succès aujourd’hui auprès des salariés, elle est simplement remplacée par celle du « réseau » auquel il faut se mettre à niveau. Il est partisan d’un renforcement de l’accord collectif par rapport à la loi, en n’oubliant pas que c’est la société tout entière qui s’exprime à travers le syndicat. La nature ayant horreur du vide, l’absence de syndicalistes serait remplacée par la présence de «zozos» !
Jérôme Pélisse a invité les syndicats à ne pas se contenter d’une représentation institutionnelle pour répondre mieux aux aspirations des salariés. Le syndicat doit assurer une « présence physique » de ses représentants. Cela doit passer par un renouvellement du « contrat » qui relie salariés et syndicats. Il ne croit pas à l’inclinaison des employeurs pour des syndicats forts, car ce serait « partager le pouvoir ».
Carole Couvert, nouvelle secrétaire générale, a dit sa conviction qu’une troisième force syndicale, dont la CFE-CGC serait à l’initiative, serait la réponse à cette nécessaire évolution, notamment à l’heure de « la panne de l’ascenseur social ». Une force syndicale capable de répondre aux besoins de services exprimés par les salariés et à leur attente de «mieux vivre au travail». C’est l’opportunité qui nous est offerte par la loi du 20 août 2008…
Cécile Guillaume constate qu’encore aujourd’hui, être syndicaliste, c’est « prendre un risque ». Mais c’est aussi faire preuve d’excellence puisque son profil, bac +3, est «plus élevé que la population moyenne».
Michel Yahiel ne croit pas à une crise du syndicalisme, mais plutôt à une « crise des moyens » dont disposent les syndicats confrontés à une obligation d’expertise de plus en plus forte. S’il y a crise, elle se situe plutôt dans les failles de notre démocratie sociale...