Après un été souvent nuageux et pluvieux, à l’image de l’économie et du social, la rentrée est brutale. Elle nous replonge immédiatement dans les difficultés qu’éprouve notre pays pour répondre aux défis du monde actuel et aux enjeux sociétaux.
De nombreuses raisons dévoient systématiquement les meilleures intentions : la culture de l’immédiateté, de l’effet d’annonce ou d’aubaine prime sur le traitement au fond des dossiers.
Ainsi des prélèvements obligatoires : on poursuit le bricolage, après la réforme de la taxe professionnelle, autour des niches fiscales et de diverses taxes. Résultat : plus aucune cohérence, lisibilité ou équité pour les impôts ! Ce sont toujours les mêmes, celles et ceux qui ne peuvent vivre que de leur travail et de leurs efforts personnels bien réels qui passent à la caisse sans possibilité d’évasion. La CFE-CGC demande le retour à un vrai système progressif de l’impôt qui prenne mieux en compte la réalité des revenus de chacun ainsi qu’une refonte de la fiscalité locale.
Idem pour le temps de travail. Sous prétexte de relancer la valeur travail - mais pense-t-on à lui redonner du sens ? - les heures supplémentaires sont encouragées par l’exonération de charges. Pour certains, c’est un gain immédiat. Pour beaucoup, c’est inopérant, soit parce qu’il n’y a pas la charge qui permette ces heures sup, soit parce que le contrat de travail en forfait-jours, qui poursuit sa progression, exclut toujours les mêmes par définition. Mais, pour tous, pour nos régimes sociaux, c’est une perte de ressources dans ce contexte économique de chômage.
Un statut d’auto-entrepreneur est créé. Pour certains, c’est une piste pour lancer une nouvelle activité ou pour compléter un revenu. C’est une Chimère pour d’autres qui ne réalisent pas un chiffre d’affaires convenable et qui ne prennent pas conscience que l’absence de charges classiques sur le travail, les prive, à terme, de droits sociaux, notamment pour les retraites.
Les retraites, justement. Depuis le 12 avril dernier, je n’ai pas recensé le nombre d’heures passées à l’Élysée, au ministère du Travail, à l’Assemblée nationale et au Sénat pour convaincre nos interlocuteurs de bâtir une vraie réforme qui réponde aux conséquences du vieillissement de la population. Cela demande lucidité et courage de la part de nos gouvernants. Il est indispensable d’élargir l’assiette des ressources pour faire face à des dépenses qui croissent de 4 à 5 % par an, alors que la masse salariale ne suit pas.
Quelques-unes des propositions de notre organisation sont rappelées en page trois. Mais voilà, le bon sens, le fond sont écartés au profit du coup médiatique permanent. Dès lors, il ne reste que la rue, la manifestation pour exprimer notre indignation. Et, si nous nous retrouvons tous unis pour dénoncer un projet de loi qui ne résoud par le problème et qui est inéquitable, nous agissons sous la seule bannière CFE-CGC pour porter nos propositions originales.
C’est ce que nous avons fait à Paris, au ministère du Travail, à l’Assemblée nationale et au MEDEF. Nous étions nombreux, également en province. Bravo et merci pour votre mobilisation ! Elle doit s’intensifier dans les prochaines semaines. Nous comptons sur vous pour défendre et construire une société humaine et juste. D’ailleurs, n’est-ce pas le propre du syndicalisme : une école d’abnégation !
Bernard Van Craeynest