Lettre confédérale n°1258 du 4 février 2011

La lettre confédérale

Lettre confédérale N°1258 du 4 février 2011
L'Edito :

Défi ou addition

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Après les retraites et avec comme fil rouge les déficits récurrents de l’assurance maladie, le gouvernement focalise actuellement l’attention de tous sur le dossier de la dépendance. Tout ceci concerne notre protection sociale et son mode de financement. Le modèle mis en place en 1945, bâti sur les cotisations sociales assises sur les salaires, montre depuis plusieurs années ses limites.
 
La population vieillit et les dépenses sociales croissent en parallèle. L’emploi comme la masse salariale n’augmentent pas au même rythme. Dès lors, nous ne pouvons que constater l’envolée des déficits qui s’accompagnent d’accrocs successifs dans la couverture sociale : baisse des retraites, déremboursements et reste-à-charge des ménages toujours plus important... Ceci malgré l’instauration de la CSG et son augmentation depuis 1991.
 
Depuis dix ans, la CFE-CGC propose la mise en place de la cotisation sociale sur la consommation, que d’autres appellent TVA sociale ou anti-délocalisation. Le principe est simple. Baisse - voire suppression - des cotisations assurance maladie, ce qui redonne de la compétitivité aux entreprises et du pouvoir d’achat aux salariés. En contrepartie, on augmente les recettes de TVA pour financer notre protection sociale. Cela nécessite de revoir le barème de TVA. Actuellement, deux taux existent. L’un à 5,5 % pour les produits dits de première nécessité. L’autre à 19,6 %. Il ne s’agit pas de toucher au premier... bien que nous puissions nous interroger sur certains biens ou services qui entrent dans cette catégorie, tels la restauration ou les disques.
 
Notons que, ces dernières années, les hausses continues de la taxation des complémentaires santé les situent aujourd’hui à près de 10 %. Cela signifie tout simplement que la santé n’est plus dans notre pays considérée comme un bien de première nécessité !
 
Nous proposons de créer un taux intermédiaire à 12 %, de porter à 21 le taux de 19,6 et de revoir la nomenclature des produits entrant dans chacun des trois taux. Les contempteurs de cette réforme de la TVA avancent comme arguments que cela affecterait la consommation ou provoquerait de l’inflation et que la TVA est un impôt injuste qui frappe tout le monde sans tenir compte des différences de pouvoir d’achat.
 
Le premier point est loin d’être démontré. L’Allemagne a porté son taux de 16 à 19 % il y a trois ans sans impacter ni la consommation ni l’inflation. Le second est exact. Nous ne pourrons le corriger qu’en refondant l’ensemble de notre système de prélèvements obligatoires, à commencer par la fiscalité. Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais viennent de publier un ouvrage qui appelle à une véritable révolution fiscale. Fondée sur un changement qui, pour faire simple, nous ferait passer d’un système progressif à un système proportionnel avec des taux effectifs et non plus marginaux. Selon eux, 97 % de la population y gagnerait contre 3 % qui verraient leur fiscalité augmenter.
 
Le débat est lancé. Il devra être tranché très rapidement. Trop de temps a été perdu en laissant filer les déficits et croître la dette. Nous savons qu’il faudra bien payer l’addition un jour. Cela aurait également le mérite de mettre un terme aux escarmouches permanentes sur le bouclier fiscal, l’ISF...
 
En filigrane, nous voyons bien que la question du modèle de société, de cohésion sociale, de solidarités, d’équité, d’égalité, de justice, de transparence est un enjeu majeur pour redonner confiance en notre avenir commun. La CFE-CGC continuera à se battre chaque jour pour qu’enfin nous trouvions de manière constructive les solutions aux nombreux problèmes et défis que doit relever notre belle France.
 
Bernard Van Craeynest
 
 
 
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Les événements

Médecine du travail

 

Sénateurs bien inspirés

 
Le projet de réforme de la médecine du travail est pernicieux. Il risque de lier le système à la volonté du chef d’entreprise, au détriment de l’objectif de santé au travail. Les sénateurs l’ont bien décelé et ont apporté de justes amendements au texte. La CFE-CGC s’en réjouit d’autant plus qu’est installée «une gouvernance réellement paritaire» qui permettra aux représentants des salariés le «contrôle» et «l’orientation» de l’action des services de santé. Reste à ce texte amendé à être validé par l’Assemblée nationale : «la CFE-CGC demande aux députés de prendre leurs responsabilités» pour conserver cette gouvernance paritaire... (Cqué de presse, 28.01.2011).

Retraite à 60 ans

 

Le doigt mouillé

 
Le gouvernement soumet aux partenaires sociaux un projet permettant aux salariés de partir à la retraite à 60 ans, à la condition d’avoir été soumis à des conditions de pénibilité pendant sa carrière. Un projet en «trompe l’œil» estime la CFE-CGC : «les personnes intéressées devront apporter la preuve d’une exposition pendant plus de 17 ans à des facteurs de pénibilité ! Les critères restrictifs s’ajoutent aux conditions limitatives, jusqu’à l’incohérence comme avec la pénibilité du travail de nuit qui n’est pas inscrite dans les tableaux de maladies professionnelles...». Des mesures prises «au doigt mouillé», sans concertation, dont la seule finalité est de «faire des économies». (Cqué de presse, 25.01.2011).

APEC

 

Accord sur l'essentiel

 
Les missions de l’APEC sont en cours de négociation. À la réunion du 21 janvier, au siège de la CFE-CGC, les partenaires sociaux sont tombés d’accord sur l’essentiel : la sécurisation et la pérennisation de l’APEC. La CFE-CGC avait préparé un document de travail en forme «d’avenant modifiant la convention du 18 novembre 1966», qui a permis une discussion de fond. Les négociateurs ont abandonné l’idée d’une filialisation, «notamment parce qu’elle peut être angoissante pour les salariés», précise Marie-Françoise Leflon. (AEF, 24.01.2011).
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Assurance maladie

 

De moins en moins d'assurance

 
Une des raisons d’être de l’assurance maladie, est de permettre aux malades de supporter le coût d’une affection de longue durée, notamment. C’est de moins en moins vrai avec les restrictions de prises en charge envisagées par le gouvernement. La CFE-CGC parle de «détricotage» de la protection sociale. Cela a été le cas avec le retrait de la couverture de soins apportés à l’hypertension artérielle sévère, cela va l’être avec le diabète. Et que dire du «bouclier sanitaire» proposé par le député Jean-Pierre Door ? Il conditionnerait le niveau de remboursement des soins aux revenus du malade ! La CFE-CGC s’y oppose et expliquera pourquoi aux «citoyens électeurs». (Cqué de presse, 25.01.2011)
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Médiator

 

Question de confiance

 
Avec l’affaire du Médiator et ses drames, la profession des visiteurs médicaux a été mise en cause. Certains d’entre eux ont même été agressés par des médecins ou des patients. La fédération de la Chimie CFE-CGC dénonce cette stigmatisation en rappelant la véritable mission du visiteur médical, trop souvent poussé à faire du commerce. Elle est de «délivrer une information au corps médical, préalablement validée par le pharmacien responsable de son entreprise, remonter des données de pharmacovigilance, tout en respectant la charte de la visite médicale qui définit une éthique de la profession». La profession n’a pas de «responsabilité» dans l’affaire du Médiator et la CFE-CGC demande «des sanctions» à l’encontre des vrais responsables et «une remise à plat du système d’évaluation du médicament». Elle fera des propositions au ministre de la Santé afin que «les patients retrouvent la confiance qu’ils sont en droit d’attendre de leurs médicaments».
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ORSE

 

Reporting sociétal

 
L’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE) a fait ses propositions au ministère du Développement durable «sur les principes devant prévaloir dans l’élaboration du décret d’application» de la loi Grenelle 2. Elles comportent des mesures d’obligation de reporting, d’association des parties prenantes de l’entreprise et de suivi par des organismes indépendants...

AGIRC

 

Solution réaliste 

 
La négociation pour le financement des régimes complémentaires de retraite suit son cours. Leurs taux de remplacement se dégradent de manière inquiétante mais il n’existe que «peu de leviers» pour réagir, constate Danièle Karniewicz : «l’AGIRC est mise en danger depuis des années du fait d’un rétrécissement de l’assiette des cotisations. L’évolution du plafond, beaucoup plus forte que celle de la moyenne des salaires porte préjudice à l’AGIRC». La secrétaire nationale estime qu’il faut «dépasser (les) débats stériles de fusion des régimes (AGIRC et ARRCO) pour rechercher des modalités d’équilibrage spécifiques à chacun d’eux et nous savons que la marge de manœuvre sur le niveau des cotisations n’y suffira pas». Les partenaires sociaux ont une lourde responsabilité et un «devoir de vérité» à l’égard des salariés. Tandis que les Français auront à nous «préciser le modèle social» qu’il veulent défendre. (Esp. Soc. Europ., 21.01.2011).

Fonction publique

 

Le retour des CHSCT

 
Les syndicats de fonctionnaires, dont la CFE-CGC, ont obtenu la présence de trois élus de salariés dans la création de Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) (ex CHS) dans la fonction publique.

Fonction publique

 

Le trouble

 
Jean-François Mancel, député UMP, a fait une proposition de loi visant à réserver le statut de fonctionnaire aux seuls agents des ministères régaliens (Affaires étrangères, Justice, Défense, Intérieur). Une «provocation», rétorquent les fonctionnaires CFE-CGC, qui «jette le trouble sur les réelles intentions du gouvernement»... (AFP, 20.01.2011).

Garde à vue

 

Penser au victimes

 
Le syndicat Alliance CFE-CGC estime qu’avec la réforme de la garde à vue, «on peut comprendre que les droits de la défense soient augmentés», mais on doit aussi «donner plus de pouvoir aux enquêteurs et respecter davantage les victimes». (France Info, 26.01.2011).

Évolution du travail

 

Le recul

 
À l’occasion des salons des CE, le 1er février à Paris, Bernard Van Craeynest est intervenu dans le débat sur «l’évolution du travail depuis 1945». Il estime qu’aujourd’hui, «nous sommes dans une période d’apesanteur et d’immenses incertitudes», considérant, en particulier, les reculs constatés en matière de protection de la santé au travail. «Le summum a été la loi du 20 août 2008 et son assouplissement du recours au forfait jours qui concerne une catégorie grandissante de salariés». La faille du système ? «On ne met jamais le salarié en position de véritable pouvoir»...

Représentativité

 
 
La CFE-CGC remporte 14,81 % des suffrages exprimés au premier tour des élections aux commissions paritaires locales de l’Assemblée des chambres françaises du commerce et de l’industrie. Dans le secteur de l’assurance, la CFE-CGC conforte sa représentativité avec 17,4 % d’audience reconnue.

Assurance

 

Rénovation sociale

 
La CFE-CGC a signé, le 3 janvier 2011, l’accord de «rénovation du dialogue social dans l’assurance». Seront améliorés les moyens financiers des organisations représentatives en parallèle à des conditions de transparence financière (collecte de 5 euros par salarié). Une Association pour le dialogue social dans l’assurance est installée. Un agenda social de branche est mis en place.

Restauration rapide

 

Accord salarial

 
La CFE-CGC est signataire d’un accord dans cette branche, qui installe une nouvelle grille salariale imposant un premier niveau à 9 euros de l’heure (le SMIC), avec prime d’ancienneté étagée. Un régime collectif et obligatoire de couverture complémentaire santé est mis en place. (L’Humanité, 31.01.2011).

IPECA

 

VOTEZ !

 
Adhérents et participants d’IPECA-PRÉVOYANCE, défendez votre institution ! Le meilleur moyen : renouvelez votre confiance aux représentants de la CFE-CGC, capables d’assurer la pérennité de vos garanties et de répondre à vos attentes dans votre entreprise, votre région et sur le plan national. Votez avant le 25 mars 2011, dès réception du matériel de vote...

Dassault

 

Accord salarial

 
La CFE-CGC du groupe Dassault Aviation est signataire d’un accord générant une hausse générale de 1,5 % des salaires des non-cadres en 2011. Sont prévues des hausses des primes individuelles de 1,5 % pour les non-cadres et de 3,5 % pour les cadres. Le plan PERCO est renouvelé et son abondement doublé. (AFP, 21.01.2011).

Chimie

 

Accord salarial

 
La CFE-CGC est signataire d’un accord de révision des salaires minimum dans la branche. La valeur du point UIC passe à 7,55 euros au 1er janvier 2011 et à 7,61 euros au 1er mai, soit une augmentation en masse de 1,9 %.

Collège

 

Un pour trois

 
Les pouvoirs publics veulent «étendre largement l’expérimentation» de «l’enseignement intégré des sciences et techniques». Pour le Conseil national des groupes académiques de l’enseigmenent public (CNGA) CFE-CGC, il ne s’agit en fait que de mettre devant les élèves du collège «un seul professeur pour enseigner trois disciplines scientifiques, sciences physiques, SVT et technologie». Un artifice pour masquer les difficultés à recruter et qui va «dévaloriser chacune des trois disciplines»

Enseignement

 

La mal-mutation

 
Le syndicat Avenir écoles, des fonctions publiques CFE-CGC, continue sont combat avec le collectif «Mutez-nous !». Son président vient de transmettre au ministre de l’Éducation nationale le cas emblématique d’Elsa B., victime «d’un système de «permutations informatisées injuste», professeur maintenue dans le Val d’Oise, alors que son conjoint est muté dans les Landes.

Mines

 

Floués !

 
La CFE-CGC Mines et Industries fait campagne contre le rapport d’Yves Bur, député du Bas-Rhin, qui préconise, ni plus ni moins selon le syndicat «la disparition pure et simple du régime minier». La CFE-CGC dénonce les orientations du gouvernement en la matière qui revient sur des accords signés précedemment : «Nous n’avons plus confiance !». Une campagne de protestation et d’affichage est en cours dans toutes les régions minières de France.

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Les réactions

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Rythmes scolaires

 

Le réritable enjeu

  

Bernard Valette :
 
Le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, voit dans les rythmes scolaires un thème de débat pour la campagne présidentielle de 2012. Leur réorganisation doit prendre en compte plusieurs paramètres : plus de 12 millions d’élèves, plus d’un million d’enseignants, le rythme de travail des parents, des structures périscolaires à concevoir, l’économie, le rythme du calendrier annuel. Bien sûr, ils doivent être adaptés aux enfants selon leurs niveaux et leurs âges. La réussite des élèves passera autant par l’articulation entre temps scolaire et devoirs à la maison, que par la mise en place d’un véritable socle commun de connaissances. Ce sont les outils nécessaires de lutte contre l’inégalité des chances. La CFE-CGC est favorable à une semaine répartie sur cinq jours et à une journée de six heures, avec une vraie pause méridienne, suivi d’un temps d’accompagnement et/ou d’activités en lien avec le développement des technologies numériques. L’organisation annuelle soulève la question du calendrier scolaire avec l’alternance entre semaines de classes et vacances. Hors vacances d’été, l’alternance prônée par les chronobiologistes, sept semaines de travail pour deux semaines de vacances avec deux zones, n’a pas résisté à la pression des professionnels du tourisme. D’autre part, quelle peut être la compatibilité d’un objectif d’amélioration des rythmes scolaires avec celui de la diminution des postes d’enseignants ? D’autant plus que la CFE-CGC souhaite une véritable formation professionnelle permanente pour les enseignants. Espérons que ce dossier avance rapidement dans l’intérêt des enfants, des parents et des enseignants sans que les échéances électorales de 2012 n’en passionnent par trop le débat et ne viennent à nouveau en ralentir l’instruction.
 
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Logement

 

Arrêtons de tergiverser !

 
Jean-Luc Haas :
Le logement connaît un déficit structurel lié à plusieurs phénomènes : déséquilibre offre/demande sur le parc de bureaux au détriment de l’offre ; déséquilibre offre/demande sur le parc de logements au détriment de la demande ; croissance du nombre de ménages supérieure au flux annuel de logements neufs ; hyper concentration de la population créant des zones dites tendues accompagnées d’un déficit de foncier disponible ; appartements du parc privé inoccupés. Il résulte de tout cela une tension sur les prix au détriment des jeunes, des pauvres et des classes moyennes. En dix ans, les prix de l’immobilier ont augmenté de 150 % et les salaires de... 40 % ! Un phénomène qui ne profite ni à la croissance macroéconomique ni au marché de l’emploi, mais à certains tout de même... Il faudrait des mesures drastiques pour faire en sorte que les bailleurs privés mettent leur bien en location. Face au leurre inacceptable qu’est la caution, la Garantie du risque locatif (GRL) est un bon vecteur, encore faudrait-il que les assureurs jouent le jeu plutôt que de développer leurs propres mécanismes d’assurances en laissant au social le soin de gérer les cas difficiles. L’État serait bien inspiré de légiférer pour une obligation faite à tout bailleur de souscrire une GRL. Arrêtons de tergiverser ! Au lieu de succomber aux lobbies de toutes sortes, au lieu de multiplier les niches fiscales, au lieu de construire des usines à gaz amphigouriques, nos politiques de tous poils seraient bien inspirés de prendre des décisions de bon sens, d’hygiène des dépenses publiques par l’efficacité de l’euro investi et empreintes, non d’une approche électoraliste ou résultante de lobbying, mais d’une certaine vision sociale, prospective et de long terme. Il est temps de revisiter les politiques publiques en la matière, au lieu de laisser certains faire leur petit frichti sur le dos du plus grand nombre.
 
 
 
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Chômage

 

Le tournis

  

Marie-Françoise Leflon :
Pôle emploi a posé les cartes du bilan 2010 sur ses principaux indicateurs à fin décembre 2010 et le découragement s’impose. Un premier chiffre suffit : demandeurs d’emploi (catégories A, B, C) : 4 051 700 (soit + 5,3 % sur un an). La même catégorie selon la durée d’indemnisation :
- De 1 à 2 ans : 840 500 (soit + 14,3 %) sur 1 an.
- De 2 à 3 ans : 336 900 (soit + 38,5 %) sur 1 an.
- De 3 ans et plus : 346 000 (soit + 18,1 %) sur 1 an
...prouve l’enlisement de la situation.
La CFE-CGC observe que ces catégories A, B et C se maintiennent au-dessus de la barre fatidique des 4 millions en dépit des discours optimistes des entreprises alors que ce chiffre était de 3 049 700 en mai 2008. Les demandeurs d’emploi de 50 ans ou plus auront été les plus touchés en 2010 et le nombre de demandeurs d’emploi de longue durée s’accroît (1 523 400 en décembre 2010 contre 970 700 en août 2008). Pendant ce temps, l’opinion des ménages sur la situation économique se détériore, la hausse des prix en 2010 est en nette accélération (+ 1,8 %) notamment l’énergie, les services et le tabac. Et, bien entendu, l’emploi intérimaire continue de caracoler prouvant que seuls les salariés sont toujours les variables d’ajustement des crises économiques. Qui a parlé de reprise ? Et de recul du chômage pour 2011 ? Qui prendra les responsabilités nécessaires à la sortie de ce cercle infernal ?
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Assurance chômage

 

C'est parti !

 
Marie-Françoise Leflon :
 
Un pari difficile pour les partenaires sociaux que celui de la renégociation de la convention d’assurance chômage qui touche à son terme le 30 mars prochain. Le 24 janvier, l’ouverture des débats s’est faite sur le ton de la prudence. Face à un MEDEF soucieux d’économies, les organisations syndicales étaient unies pour rappeler leur devoir social d’assurer un revenu de remplacement non altéré aux chômeurs indemnisés, qui ne représentent que la moitié des demandeurs d’emploi. Une réflexion qui doit intégrer le sort des seniors soumis à deux années supplémentaires de cotisation-indemnisation en raison de la réforme des retraites (à fin novembre ils étaient 51 000 bénéficiaires de l’AER dont le coût en 2010 atteignait 400 millions d’euros). Sachant aussi que la nouvelle règle d’indemnisation innovée en 2009 d’un ratio de 1 pour 1 cotisé, indemnisé à partir de 4 mois, a fait ses preuves pour limiter la précarité décuplée par la crise et ses attributs de plans sociaux et de ruptures conventionnelles… L’exercice est d’autant plus compliqué que la CFDT, la CFTC et FO ont exprimé le souhait d’ouvrir des droits rechargeables. La CFE-CGC adhère à cette idée nouvelle et séduisante, mais fait ses comptes : où trouver l’argent... avec une prévision de déficit cumulé pour 2011 de 11 milliards et, pour 2010, de 6,7 milliards ? Son exigence est de réécrire la clause d’une baisse systématique des cotisations sur une situation virtuelle de trésorerie plutôt que sur un assainissement réel du déficit. Le tout dans un décor de chômage impossible à faire reculer, une croissance atone, une alarmante situation des jeunes… et un fond de crise encore visible. La CFE-CGC repart en négociation avec le souci de préserver les demandeurs d’emploi de la précarité financière.
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