La période scolaire 2010-2011 s’achève comme elle avait commencé. Le dossier des retraites revient sur le devant de la scène. Et pas seulement pour souligner que le 1er juillet marque l’entrée en vigueur de la loi du 9 novembre dernier avec son point d’orgue : le recul de l’âge légal de départ. Le gouvernement s’est empressé cette semaine, avant même la réunion du COR qui devait en débattre, d’annoncer qu’à partir de la génération 1955 il faudra avoir cotisé 166 trimestres, c’est-à-dire 41,5 annuités, pour bénéficier d’une retraite à taux plein.
C’est fou ce que la pression des agences de notation sur la note AAA de la dette de notre pays rend nos gouvernants prompts à agir pour faire des économies supportées par les salariés ! La CFE-CGC voit là un signe de plus du bien fondé de son opération Retraithon contre les Retraites non financées (RNF). Nous disons depuis un an que cette réforme des retraites est tout sauf une vraie réforme structurelle avec une vision pour adapter notre pays au vieillissement de la population.
De fait, nous n’avons pas fini de voir ce thème revenir sans cesse dans les mois et années à venir pour trouver les financements pérennes, maintenir la solidarité intergénérationnelle et corriger les inégalités qui affectent notamment les femmes. Nous proposons toujours, pour accompagner cet allongement de la durée de cotisation, de comptabiliser les périodes passées en entreprises durant la formation initiale.
Nous avions obtenu une timide avancée avec l’article 94 de ladite loi qui indiquait qu’un rapport gouvernemental serait soumis au Parlement avant le 30 juin 2011 pour étudier comment prendre en compte les périodes de stages qui font l’objet de gratifications. À ce jour, nous cherchons toujours la trace du rapport en question ! Soulignons également que nous n’avons cessé de clamer l’impérieuse nécessité de voir la masse salariale croître sensiblement par une augmentation des emplois et des salaires. Las, le taux de croissance étant ce qu’il est, les chiffres du chômage du mois de mai viennent nous rappeler que notre économie est loin d’être sur une pente ascendante stabilisée.
À l’heure où tout le monde cherche des sous partout pour combler les déficits et avant que l’on aille les chercher tôt ou tard dans la poche des contribuables que nous sommes, Gilles Carrez, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, vient de publier un rapport sur le produit de l’impôt sur les sociétés (IS). Son constat étayé montre un écart de vingt points entre les PME et les grands groupes industrialisés type CAC 40. Certains de ces derniers n’ont d’ailleurs pas payé d’impôts en France dans les années récentes. Ou l’art d’optimiser les niches fiscales et de faire transiter en un tour de passe-passe les charges et les bénéfices d’un pays à l’autre pour faire ce que les spécialistes appellent de l’optimisation fiscale... Ce sont ces mêmes entreprises qui délocalisent et suppriment des emplois quand beaucoup de PME en créent, et qui émargent à toutes les aides possibles dont le crédit impôt recherche.
Il est urgent que le gouvernement agisse pour faire respecter ce qui fonde la devise de notre République. Je veux parler d’égalité sans oublier bien sûr la liberté et la fraternité. Tout ne peut se résumer à de la communication ou à la stratégie du poulpe qui lance de l’encre pour faire diversion et se protéger.
Je vous souhaite malgré tout, au nom de l’exécutif confédéral, d’excellentes vacances pour affronter les suites de nos dossiers économiques et sociaux avec ardeur et sérénité !
Bernard Van Craeynest