Lettre confédérale n°1268 du 8 juillet 2011

La lettre confédérale

Lettre confédérale N°1268 du 8 juillet 2011
L'Edito :

La stratégie du poulpe

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La période scolaire 2010-2011 s’achève comme elle avait commencé. Le dossier des retraites revient sur le devant de la scène. Et pas seulement pour souligner que le 1er juillet marque l’entrée en vigueur de la loi du 9 novembre dernier avec son point d’orgue : le recul de l’âge légal de départ. Le gouvernement s’est empressé cette semaine, avant même la réunion du COR qui devait en débattre, d’annoncer qu’à partir de la génération 1955 il faudra avoir cotisé 166 trimestres, c’est-à-dire 41,5 annuités, pour bénéficier d’une retraite à taux plein.
 
C’est fou ce que la pression des agences de notation sur la note AAA de la dette de notre pays rend nos gouvernants prompts à agir pour faire des économies supportées par les salariés ! La CFE-CGC voit là un signe de plus du bien fondé de son opération Retraithon contre les Retraites non financées (RNF). Nous disons depuis un an que cette réforme des retraites est tout sauf une vraie réforme structurelle avec une vision pour adapter notre pays au vieillissement de la population.
 
De fait, nous n’avons pas fini de voir ce thème revenir sans cesse dans les mois et années à venir pour trouver les financements pérennes, maintenir la solidarité intergénérationnelle et corriger les inégalités qui affectent notamment les femmes. Nous proposons toujours, pour accompagner cet allongement de la durée de cotisation, de comptabiliser les périodes passées en entreprises durant la formation initiale.
 
Nous avions obtenu une timide avancée avec l’article 94 de ladite loi qui indiquait qu’un rapport gouvernemental serait soumis au Parlement avant le 30 juin 2011 pour étudier comment prendre en compte les périodes de stages qui font l’objet de gratifications. À ce jour, nous cherchons toujours la trace du rapport en question ! Soulignons également que nous n’avons cessé de clamer l’impérieuse nécessité de voir la masse salariale croître sensiblement par une augmentation des emplois et des salaires. Las, le taux de croissance étant ce qu’il est, les chiffres du chômage du mois de mai viennent nous rappeler que notre économie est loin d’être sur une pente ascendante stabilisée.
 
À l’heure où tout le monde cherche des sous partout pour combler les déficits et avant que l’on aille les chercher tôt ou tard dans la poche des contribuables que nous sommes, Gilles Carrez, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, vient de publier un rapport sur le produit de l’impôt sur les sociétés (IS). Son constat étayé montre un écart de vingt points entre les PME et les grands groupes industrialisés type CAC 40. Certains de ces derniers n’ont d’ailleurs pas payé d’impôts en France dans les années récentes. Ou l’art d’optimiser les niches fiscales et de faire transiter en un tour de passe-passe les charges et les bénéfices d’un pays à l’autre pour faire ce que les spécialistes appellent de l’optimisation fiscale... Ce sont ces mêmes entreprises qui délocalisent et suppriment des emplois quand beaucoup de PME en créent, et qui émargent à toutes les aides possibles dont le crédit impôt recherche.
 
Il est urgent que le gouvernement agisse pour faire respecter ce qui fonde la devise de notre République. Je veux parler d’égalité sans oublier bien sûr la liberté et la fraternité. Tout ne peut se résumer à de la communication ou à la stratégie du poulpe qui lance de l’encre pour faire diversion et se protéger.
 
Je vous souhaite malgré tout, au nom de l’exécutif confédéral, d’excellentes vacances pour affronter les suites de nos dossiers économiques et sociaux avec ardeur et sérénité !
 
Bernard Van Craeynest
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Les événements

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Forfait jours

 

Force à la convention collective !

 
Depuis huit ans, à l’initiative de la CFE-CGC, la France se fait régulièrement condamner par la justice européenne pour ses dérogations aux règles de durée du travail, en particulier avec son dispositif de forfait jours. Saisie par un cadre qui réfutait le forfait jours imposé par son employeur, la Cour de cassation a tranché le 29 juin 2011 : elle condamne les «défaillances de l’employeur» privant «d’effet la convention de forfait en jours conclue avec le salarié». Elle souligne cependant que «cette décision ne remet pas en cause la validité du système de forfait jours». La Cour fixe des limites pour éviter les abus en matière de temps de travail, abus qui pourront être sanctionnés par le versement d’heures supplémentaires. La CFE-CGC s’en réjouit : la justice «donne toute la place aux accords collectifs», en particulier pour encadrer le forfait jours. L’employeur est mis en demeure de respecter les garanties contenues dans ces accords : ceux-ci devront «prévoir une durée raisonnable du travail et des modalités de contrôle adéquat du suivi et de la charge de travail du salarié. Toute convention de forfait qui ne respecterait pas les garde-fous prévus par les accords se verra privée d’effet et donnera lieu aux paiements d’heures supplémentaires pour le salarié». Cet arrêt est conforme aux revendications de la CFE-CGC et «consacre le droit à la santé et au repos du salarié» (Cqué de presse, 29.06.2011). La Métallurgie CFE-CGC «applaudit» la Cour de cassation : «cette décision permet aux salariés et à leurs représentants dans les entreprises de faire appliquer l’accord de branche dans son intégralité», en particulier dans ses règles de contrôle et de suivi du temps de travail. (Cqué, 1.07.2011).

Les recommandations de la CFE-CGC à ses militants pour sécuriser le dispositif de forfait jours :

Retraite

  

Horizon lointain 

 
La réforme de la retraite, repoussant l’âge légal de la retraite à 62 ans, est entrée en vigueur le vendredi 1er juillet 2011. Dans la continuité de la loi de 2003, pour la génération née en 1955, la durée de cotisation va passer à 41,5 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Une mesure qui va toucher les jeunes entrant tardivement sur le marché du travail. Cette mesure «n’est pas une surprise» pour Danièle Karniewicz, secrétaire nationale. Mais, «après», ajoute-t-elle, «est-ce qu’on va pouvoir continuer à dire aux jeunes que leur durée de cotisation va continuer d’augmenter, alors qu’ils entrent de plus en plus tard sur le marché du travail ?» (AFP, 5.07.2011). Elle propose, pour les jeunes générations, «d’arrêter de cumuler les deux, à la fois l’âge et le compteur des annuités, il vaudrait mieux raisonner en âge» (France Info, 4.07.2011).

Retraites

 

Mobilisation le 6 octobre

 
Les syndicats de retraités, dont l’UNIR CFE-CGC, appellent à manifester le 6 octobre 2011 pour exiger «une prestation universelle de compensation de la perte d’autonomie quel que soit l’âge». Ils protesteront aussi contre le «pacte européen d’austérité» dont les effets s’ajoutent à «la dégradation de la situation des retraités, pensions, pouvoir d’achat, santé, autonomie...». L’ensemble des organisations demande : «une augmentation significative des retraites» et «un minimum de pension au niveau du SMIC». (AFP, 4.07.2011).

AGIRC

 

Injustice

 
La CFE-CGC a profité de la rencontre des présidents, vice-présidents et directeurs d’institutions du 29 juin 2011 pour rappeler son opposition à l’accord AGIRC-ARRCO du 18 mars 2011. Un accord «gravissime» qui introduit sous de faux motifs une «inégalité de traitement entre retraités cadres et retraités non-cadres» et pénalise les participants AGIRC sur la valeur de leur retraite. La CFE-CGC parle d’injustice pour l’encadrement et annonce une dérive vers d’autres mécanismes d’épargne retraite : ceux qui acceptent un tel accord «doivent être conscients que, au-delà de l’AGIRC, ils signent la fin d’un modèle solidaire en jetant les classes moyennes dans les griffes des assureurs privés».
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Médecine du travail

 

Manipulation

 
Le lobbying patronal a atteint ses objectifs : revenir sur la réforme proposée par le Sénat qui permettait un contrôle et une appropriation par les représentants des salariés de la mission des médecins du travail. L’Assemblée a débattu médiocrement devant... dix députés, pour retenir les exigences patronales de transfert de la médecine du travail aux employeurs. (Cqué de presse, 4.07.2011).
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Logement

 

Le siphonnage continue

 
L’hypocrisie de l’État continue : il prétend ne pas vouloir augmenter les impôts mais ne se gène pas pour fiscaliser Action Logement : 3,4 milliards d’euros sur 2012-2014 ! La CFE-CGC s’insurge : «Tout cela se fait au mépris du projet exposé par les partenaires sociaux et de l’accord national interprofessionnel sur l’emploi des jeunes». Ces «hold-up» réguliers saignent le malade qu’on prétend guérir : la CFE-CGC est prête à «toutes les mesures, y compris juridiques, à tous les niveaux possibles, pour faire respecter le contrat social établi !» (Cqué de presse, 5.07.2011).
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Handicapés

 

Accessibilité sacrifiée

 
La réforme des maisons départementales du handicap est mal partie. Le Parlement accepte que le maître d’ouvrage, lors d’une construction, invoque une quelconque «impossibilité technique» pour contourner les principes d’accessibilité permettant aux personnes handicapées d’exercer partout leur citoyenneté. «Les avis du Conseil national des personnes handicapées ont été systématiquement écartés», dénonce la CFE-CGC. (Cqué de presse, 30.06.2011).

Métallurgie

 

Se former toute la vie

 
La CFE-CGC de la métallurgie est signataire de l’accord sur la formation professionnelle tout au long de la vie. Un accord a minima, hélas ! puisque le patronat ne s’est contenté que du «strict minimum». La CFE-CGC regrette l’absence de revalorisation des rémunérations des alternants et de création d’un groupe dédié aux ingénieurs : «le cursus ingénieur concerne tout de même près de 25 % des apprentis» de la branche. Elle constate que «la notion d’investissement dans les ressources humaines, au-delà des incantations, a du mal à devenir réalité».
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Dialogue social

  

Accords en hausse

 
Le nombre d’accords signés dans les entreprises a augmenté de 18 % en 2010. La Commission nationale de la négociation collective (CNNC) constate que les accords portent principalement sur l’égalité professionnelle, l’emploi des seniors, la formation professionnelle, les retraites complémentaires, les salaires ou les primes. La CFE-CGC en a signé sept sur dix (68,7 %).
Le bilan complet : http://bit.ly/poa9de

Visiteurs médicaux

 

Indispensables !

  

Les plans sociaux se multiplient au détriment des visiteurs médicaux. Le ministère du Travail promet de réformer la profession. Ses projets ne rassurent pas la CFE-CGC : il s’agirait de «fondre» un secteur de 18 000 salariés dans «on ne sait quelle structure». Pour les faire disparaître ? C’est tout le contraire que réclame la CFE-CGC : la reconnaissance et la valorisation du métier, «rouage essentiel de l’industrie pharmaceutique et des processus qualitatifs du médicaments». L’affaire du Médiator est là pour le rappeler. Les visiteurs médicaux sont «porteurs d’une information vitale et non de simples vendeurs à la sauvette !». (Cqué de presse, 30.06.2011).

Représentativité

 
Au Conseil de discipline national des Caisses d’épargne régionales, le SNE CFE-CGC remporte 13,30 % des voix, tous collèges confondus.

Représentativité

 

L'argent du beurre

 
La négociation d’un accord avec un syndicat catégoriel obéit à de nouvelles règles depuis la loi du 20 août 2008. Trois grandes familles catégorielles sont légalement reconnues : la CFE-CGC, les syndicats de journalistes et les syndicats de pilotes de lignes qui ont une représentativité calculée dans les seuls collèges où ils se présentent. Pour Bernard Valette, il s’agit d’être objectif : «On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre en étant généralistes quand ça nous arrange ; nous devons donc nous interdire de nous présenter en dehors des collèges qui nous concernent. Si nous jouons sur plusieurs tableaux, nous perdrons. La CGT a prévenu que partout où nous nous présenterions dans le premier collège, elle irait au tribunal». (Entreprise & Carrières, 28.06.2011).

France Télécom

 

Bidonnage

 
La CFE-CGC de France Télécom a encore une fois levé un loup : la prétendue téléconseillère qui a témoigné dans la presse de «l’écoute active des salariés» de la part de la direction, était en réalité une attachée de presse de France Télécom, missionnée pour faire passer la bonne parole de la direction ! Dénonçant le «bidonnage» de l’information, la CFE-CGC s’interroge sur la crédibilité du «nouveau contrat social» avancé par la direction.

Fuite au bac

 

Réforme nécessaire 

 
Observer des fuites de sujet au baccalauréat, est un «épisode mineur quoique regrettable», estime le SYNEP CFE-CGC. Plus grave est la multiplication d’erreurs dans les énoncés de sujets : le syndicat demande au ministre d’arrêter les réductions d’effectifs, qui ont des conséquences sur les rédactions et les contrôles des sujets, et de choisir «des inspecteurs compétents». Quant à la baisse du niveau exigé pour l’obtention du bac, autant «octroyer systématiquement le bac à tout citoyen de 18 ans», ou alors, donner à l’examen «une valeur universellement reconnue en le réformant en profondeur».
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Contre le cancer du sein

 

La CFE-CGC dans la course

 
Le 11 septembre prochain, une quinzaine de joggeuses CFE-CGC participe à «La Parisienne». Une course de 6 km entre le Pont d’Iéna et la Place Joffre à Paris. 25 000 participantes sont attendues entre 9h45 et 11h00. Depuis 11 ans, «La Parisienne» soutient la recherche contre le cancer du sein et permet à la Fondation pour la Recherche médicale de mettre en place des actions de collecte auprès des coureuses et des entreprises inscrites à la course. Venez encourager nos coureuses et aider la recherche contre le cancer du sein !
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Rejoignez le réseau CFE-CGC sur Facebook !

 
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Une équipe de neuf militants CFE-CGC est engagée dans une étape du Tour de France des amateurs. Modane-l’Alpe d’Huez le 11 juillet 2011 (7h00-14h00) : venez les encourager !
http://on.fb.me/niiPDu

Les réactions

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Logement

 

Indignez-vous !

  

Diégo Alarcon :
En 1953 l’État rendait obligatoire la Participation des employeurs à l’effort de construction (PEEC ou 1 % Logement) voulu par les partenaires sociaux. Trois générations, des dizaines de millions de salariés ont, depuis cette date, eu accès à un logement économiquement abordable, que ce soit dans le locatif ou en accession à la propriété par le biais du 1 % Logement. 2013, soixante ans après, l’État veut mettre en retraite forcée le 1 % Logement devenu Action Logement, en annonçant un nouveau prélèvement de 3,4 milliards d’euros sur les fonds de l’institution. C’est la mort annoncée d’une exception française où patrons et salariés peuvent s’entendre pour définir une politique de logement des salariés. INDIGNEZ VOUS ! Les partenaires sociaux ont su gérer, sans déficit et en la faisant fructifier, la part des salaires attachés à cet effort de construction. Il n’appartient pas à un État impécunieux, donneur de leçons, incapable de gérer les déficits qu’il provoque, de puiser dans des ressources qui s’épuisent et qui ne lui appartiennent pas. En 2013 Action Logement sera saigné à blanc par les prélèvements successifs des pouvoirs publics ; dès lors il sera déclaré mort cliniquement en 2014. INDIGNEZ VOUS ! Faites le savoir à vos amis, vos voisins, votre famille, vos collègues de travail et surtout vos élus. Le temps nous est compté pour sauver ce qu’ont bâti nos aînés : l’ex 1 % Logement qui risquerait bientôt d’être feu-Action Logement.
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Égalité des sexes

 

Discuter ou négocier ?

 
Marie-Line Brugidou :  
Le 28 juin 2011, la conférence du ministère sur l’égalité hommes-femmes était hors sujet ! Nous attendions une table ronde sur le temps partiel... loupé ! Le gouvernement a demandé à négocier sur la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle (congé paternité, congé parental etc.). La CFE-CGC participera à ces négociations en regrettant qu’elles soient davantage, depuis quelques mois, des réunions de salon plutôt que des réunions de travail avec des partenaires qualifiés sur le sujet. Résultat, tout se décide dans des alcôves si feutrées que l’on ne connaît même pas les participants. Le décret (cf article 99 des retraites sur les sanctions en entreprise en cas de non application de la loi sur l’égalité pro) et l’article 13 bis de la loi Cherpion sur le temps partiel, dont l’objectif était de supprimer le paiement des heures complémentaires pour les temps partiels, sont sortis en catimini sans concertation. Le décret est en attente, qu’il y reste ! L’article 13bis, passé à l’Assemblée nationale a été rejeté au Sénat. Tant mieux ! Nous travaillerons sur l’allongement ou pas du congé paternité et son mode de rémunération, sur la réduction ou pas du congé parental (qui pourrait être partagé) et mieux rémunéré, nous proposerons d’étendre le télétravail... L’égalité femmes-hommes ne se fera qu’avec l’assentiment et l’engagement fort des hommes, tant chez les managers que chez les pères. Le challenge à relever est d’abord d’arriver à une vraie égalité salariale. Ensuite, faire du temps partiel un statut correct, puis de travailler sur la mixité des métiers, etc. Avant de courir, il faudrait d’abord apprendre à marcher.
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APEC

 

Ça chemine, ça trottine...

 
Marie-Françoise Leflon :
 
Nouveau retournement de situation pour la négociation sur l’APEC. La séance du 28 juin a encore fait obstacle au MEDEF qui nous a présenté, faute d’accord, un tableau analytique des activités de l’APEC selon leur caractère lucratif ou non lucratif. L’intersyndicale, toujours unie, a refusé cette approche comptable et a réaffirmé la volonté des partenaires sociaux de préserver le mandat de service public de cette association au service des cadres sur le marché de l’emploi. Le recul du MEDEF est une douce victoire pour la CFE-CGC qui œuvre toujours sur l’écriture d’un projet d’accord rédigé autour des missions (et non des activités) sans pour autant négliger les recommandations de Bruxelles sur leur clarification. La prochaine réunion fixée au 12 juillet devrait permettre l’élaboration d’un texte final dont l’armature serait « NOTRE PROJET ». CFE-CGC, FO, CFTC, CFDT et CGT ont la volonté de terminer cette négociation avant les départs en congés de manière à rassurer les salariés de l’APEC chahutés par l’absence d’un véritable projet professionnel qui préserverait leurs compétences sur l’accompagnement des cadres. À petits pas, cahin-caha… l’APEC sera-t-elle sauvée par les organisations syndicales de salariés ? La CFE-CGC y croira jusqu’au bout…
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Retraite

 

Le compteur s'emballe

  

Danièle Karniewicz : 
L’allongement de la durée de cotisation pour la génération 1955 n’est pas une surprise, mais l’application stricte de la loi de réforme des retraites de 2010, qui augmente les bornes d’âge de départ à la retraite (62 et 67 ans) tout en confirmant l’augmentation de la durée d’assurance inscrite dans la loi de 2003. Celle-ci pose le principe que tout nouvel allongement de l’espérance de vie doit être réparti dans un rapport constant entre la vie professionnelle (pour deux tiers) et la retraite (pour un tiers). Conformément à ce principe, la durée d’assurance a été portée à 41 ans et 3 mois pour les générations 1953 et 1954 et sera portée prochainement à 41 ans et 6 mois pour la génération 55. Donc rien de nouveau ! Tout cela figure clairement dans la réforme des retraites de 2010. C’est bien la raison pour laquelle la CFE-CGC, consciente de l’impact de l’augmentation des annuités pour les jeunes générations a choisi, dès 2010, d’expliquer que la référence aux 62 ans est purement virtuelle pour tous ceux qui ont fait des études ou qui ont du mal à trouver un premier emploi. L’âge moyen d’entrée sur le marché du travail est aujourd’hui de 23 ans, faites le calcul ! À ce rythme, nos enfants et petits enfants travailleront jusqu’à 70 ans. Le problème des carrières longues étant traité par dérogation, il est donc grand temps de stabiliser le compteur des annuités. Si tel n’était pas le cas, le gouvernement devra traiter en urgence le problème de la prise en compte des années d’étude. Sur demande insistante de la CFE-CGC, un rapport sera remis au Parlement en septembre 2011 dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour la prise en compte des périodes de stage. C’est un début encourageant mais insuffisant. Les périodes de chômage sont indemnisées et également prises en compte pour le calcul de la retraite ainsi que les périodes de maladie et d’éducation des enfants. Au nom de quoi les années d’étude seraient-elles les seules à être écartées de la solidarité intergénérationnelle ? Le combat ne fait que commencer.
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