Best of colloque CFE-CGC : Handicap et parcours professionnel
Découvrez le colloque de la CFE-CGC sur le handicap dans le parcours professionnel et comment assurer l’égalité des chances des travailleurs handicapés.
Colloque CFE-CGC : Handicap et parcours professionnel, la vérité qui dérange
Organisé le 26 novembre en partenariat avec l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées) et avec le soutien de l’union départementale CFE-CGC de Paris, le colloque CFE-CGC « Handicap et parcours professionnel, la vérité qui dérange » a mis en lumière, à travers des témoignages, les réalités du terrain, les avancées et les freins persistants.
Un colloque pour interroger la réalité des parcours professionnels des personnes en situation de handicap
Le colloque a réuni 6 experts invités par la CFE-CGC, lors d’une table ronde animée par le journaliste Patrick Lonchampt : Caroline Dekerle (directrice générale de l’Agefiph), Christian Expert (médecin du travail et militant CFE-CGC), Christophe Legois (délégué national CFE-CGC en charge de l’accessibilité et de l’égalité des chances), Sylvie Ribreau (directrice de l’ESAT Berthier), Ryadh Sallem (fondateur et délégué général de CAP SAAA, également athlète paralympique) ainsi qu’Anne-Sophie Tuszynski (fondatrice de Cancer@Work).
À travers leurs témoignages, tous ont souligné que l’inclusion ne relève pas seulement d’un impératif moral, mais constitue un véritable enjeu humain, social et économique.
Égalité des chances ou égalité d’apparence : constats et enjeux
En France, près de 12 millions de personnes vivent avec un handicap et une grande partie demeure invisible : handicaps invisibles au travail, limitations de mobilité ou situations d’exclusion sociale participent à leur mise à l’écart du regard collectif. Les discriminations et les stéréotypes persistent. Ils peuvent se manifester dès le processus de recrutement, mais aussi tout au long de la carrière : accès limité à certaines fonctions, évolution professionnelle ralentie. À cela s’ajoute parfois un manque de reconnaissance des compétences.
Aujourd'hui encore, les personnes en situation de handicap connaissent un taux de chômage de 12 %, contre 7,3 % pour le reste de la population active. Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées a insisté sur la nécessité d'aller plus loin « Il faut aller plus loin car derrière ces chiffres, il y a des parcours, des compétences et, trop souvent, des occasions manquées. »
Les principaux thèmes abordés lors du colloque
Les thèmes du retour et du maintien dans l’emploi après une maladie ou un accident, ainsi que des maladies graves comme le cancer, ont été abordés. « Chaque jour, 1 000 personnes apprennent qu’elles ont le cancer, et 400 d’entre elles ont un emploi », a rappelé Anne-Sophie Tuszynski, elle-même touchée par la maladie en 2011.
La prise en compte du handicap invisible, de la fatigue chronique ou des troubles neurocognitifs, la mobilisation des dispositifs d’accompagnement, Christian Expert, médecin du travail et militant CFE-CGC, a notamment souligné que la médecine du travail joue un rôle clé dans le maintien du contact malade-entreprise.
Le rôle clé des partenaires sociaux, du dialogue social et des militants syndicaux, ont nourri des échanges riches et inspirants. Le président de la CFE-CGC a rappelé que « Le handicap est une affaire de situation. » et a mis en avant l’engagement de la CFE-CGC. « Le handicap est un sujet syndical. C’est l’honneur de la CFE-CGC d’avoir porté, depuis 20 ans, cette question au plus haut niveau de son organisation. »
L’ancien président de l’Agefiph, Christophe Roth, secrétaire national CFE-CGC à l’accessibilité et à l’égalité des chances, a rappelé que grâce au travail des acteurs - l’Agefiph et ses délégations régionales, les partenaires sociaux, l’État, France Travail, les employeurs, les associations -, le taux d'emploi des travailleurs handicapés a progressé à 4 % dans le secteur privé et s'élève même à 5,1 % dans le secteur privé si l'on tient compte de la majoration relative aux bénéficiaires âgés de 50 ans et plus.
Sans oublier les enjeux d’accessibilité organisationnelle, technique et managériale en entreprise : autant de thématiques qui ont nourri des échanges riches, engagés et inspirants.
Maintien dans l’emploi, handicaps invisibles et accompagnement des parcours
Regrouper les enjeux liés au retour à l’emploi, aux troubles invisibles, aux dispositifs d’accompagnement et au rôle des partenaires sociaux.
Lors de la table ronde, les maladies graves comme le cancer ont été abordées. 15 % de la population française vit avec une maladie grave ou chronique, un taux qui atteindra 25 % dans le futur. « Chaque jour, 1 000 personnes apprennent qu’elles ont le cancer, et 400 d’entre elles ont un emploi », rappelle Anne-Sophie Tuszynski, elle-même touchée par la maladie en 2011. « J’avais choisi de le révéler à mes collègues et à mon employeur, ce que je ne regrette absolument pas, malgré le regard des autres. »
« Il y a très peu d’entreprises malveillantes, beaucoup sont souvent impuissantes », constate Caroline Dekerle, directrice générale de l'Agefiph, « il faut sortir de l’idée de l’accompagnement individuel. Pour être efficace, l’entreprise doit créer des plans d’actions structurés avec une véritable politique d’accompagnement générale ».
Il s’agit autant d’adapter les postes de travail, de former les manageurs, de mettre en place des outils et protocoles d’accueil spécifiques, de nommer un référent handicap, de développer des partenariats avec des acteurs spécialisés, de réaliser des audits d’accessibilité des locaux ou de faciliter le recours au temps partiel thérapeutique…
La CFE-CGC a justement un rôle crucial à jouer, son objectif est clair : « Nous voulons que chaque élu soit formé et devienne acteur de l'inclusion. »
Le témoignage de Philippe Croizon
Le colloque a également été marqué par le témoignage de Philippe Croizon, dont le parcours a illustré avec force les réalités du terrain. Amputé des quatre membres à la suite d’un accident domestique en 1994, à l’âge de 26 ans (« 20 000 volts ont traversé mon corps »), il est connu pour ses exploits sportifs, notamment la traversée de la Manche à la nage le 18 septembre 2010. À travers son expérience, il a mis en lumière les obstacles encore présents, mais aussi les leviers concrets permettant de favoriser une inclusion durable.
Lors de son intervention, il a insisté sur le fait que l’inclusion ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme une opportunité collective, porteuse de sens, de cohésion et de performance pour l’ensemble de la société : « Les salariés en situation de handicap doivent pouvoir, comme les autres, s’accomplir et s’épanouir dans leur métier », a-t-il déclaré.