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Publié le 03 - 05 - 2022

    Écologie et dialogue social : La CFE-CGC rappelle les fondamentaux

    Invitée d’une table ronde « Face à la crise climatique et sociale, mettre l’écologie au cœur du dialogue social », Madeleine Gilbert, secrétaire nationale au développement durable, a cadré les problématiques.

    Sous l’égide des associations Printemps Écologique et Ouishare, les Rencontres de l’Écologie et du Travail ont réuni, du 29 avril au 2 mai, les personnes et les organisations qui veulent œuvrer collectivement à une transformation juste et écologique du monde du travail. La table ronde à laquelle intervenait Madeleine Gilbert évoquait la pertinence du syndicalisme pour permettre aux salariés de se saisir de la question de l'écologie.

    La secrétaire nationale de la CFE-CGC a développé trois thèmes principaux : le rôle des syndicats comme force de transformation écologique ; les conséquences de la démarche de transition juste dans l’économie sur les emplois et les métiers ; et enfin les conséquences et les enjeux de la loi Climat et Résilience d’août 2021, notamment sur les prérogatives environnementales du comité social et économique (CSE), que nous traiterons dans un prochain article.

    LE RÔLE DES SYNDICATS DANS LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

    « Il est de notre responsabilité de s’investir dans cette transformation, pose-t-elle d’emblée. Les syndicats doivent d’autant plus s’en saisir que les militants sont en attente d’information et d’implication sur ces sujets et que le thème environnemental peut décourager, du fait de l’abandon des procédés et des technologies sur lesquels se fondent les emplois actuels. Le développement durable impose des stratégies d’adaptation et de développement qui ne sont viables que si l’on implique l’ensemble du personnel par des engagements réciproques et partagés, négociés et validés par les syndicats. Le dialogue social doit donc devenir fondamentalement un dialogue social à vocation environnementale. »

    Madeleine Gilbert insiste sur le fait qu’il est nécessaire de « fonder un pacte social garant d’un équilibre dans la gestion de cette transition en matière d’emplois ». Avec plusieurs outils de suivi - feuille de retour, calendrier, investissements, mesures compensatoires, GEPP) - « pour faire en sorte que les salariés ne subissent pas les conséquences sociales de cette transition et ne rejettent pas ces choix environnementaux ».

    Sur le plan stratégique, Madeleine Gilbert rappelle l’engagement de la CFE-CGC, ses prises de position et son rôle de pionnier dans diverses instances décisionnelles et consultatives : l’Office français de la biodiversité (OFB), les amis de la Déclaration Universelle des Droits de l'Humanité (DDHU), Finance For Tomorrow, le groupe de réflexion ORSE, le Comité 21, le Conseil national de la transition écologique (CNTE), la Plateforme RSE… »

    PRÉSERVATION DES EMPLOIS ET TRANSITION DES MÉTIERS

    La transformation des métiers liée à la transition juste et écologique questionne et interroge les salariés. À l’heure où le président de la République vient d’annoncer vouloir « faire de la France une grande nation écologique », Madeleine Gilbert estime nécessaire de « définir le concept de transition juste pour savoir ce qu’il recouvre », dans la mesure où « les indicateurs d’adaptation n’existent pas à ce jour… »

    Elle rappelle le souhait de la CFE-CGC d’un Grenelle de l’Emploi Vert qui procèderait à un « cadrage global des grands domaines d’action » et qui fournirait « des indications chiffrées quant aux ressources mobilisées et à l’impact sur l’emploi en 2030 et en 2050 ». Un Grenelle qui aurait « mission d’évaluer les besoins en qualifications pour remplir l’objectif d’émission nulle de gaz à effet de serre en 2050 et qui mettrait un focus sur les emplois menacés dans les secteurs à haute teneur en carbone ».

    Pour cela, elle prône la constitution d’un « groupe de réflexion réunissant dirigeants de grandes entreprises, spécialistes de l’écologie, formateurs, scientifiques, mais avant tout les organisations syndicales représentatives, connaisseuses des réalités de l’entreprise ».

    Madeleine Gilbert estime aussi nécessaire d’enga­ger avec les organisations patronales « des négociations collectives à l’échelle sec­torielle sur les enjeux de reconversion industrielle pour identifier les technologies bas-carbone, établir de nouveaux besoins de compétences, identifier les emplois de demain, en définir une réelle cartographie, créer des filières industrielles d’énergie renouvelable, augmenter la production française d’infrastructures ».

    En un mot comme en cent, elle préconise de « prendre en compte les enjeux de la transition énergétique dans le cadre de la GEPP ». Madeleine Gilbert se réfère notamment au Programme des emplois verts de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui démontre que les emplois verts sont essentiels pour atteindre le développement durable, qu’ils réduisent les impacts environnementaux négatifs, sont socialement justes et offrent des possibilités de croissance économique.

    Gilles Lockhart