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Publié le 04 - 05 - 2026

    Tenue vestimentaire au travail : quelles sont les règles ?

    L’employeur peut imposer des règles vestimentaires pour des raisons d’hygiène, de sécurité ou d’image de marque, mais ces exigences doivent respecter les libertés individuelles et l'interdiction des discriminations.

    L’EMPLOYEUR PEUT‑IL IMPOSER UNE TENUE VESTIMENTAIRE ?

    Oui, dans la limite du raisonnable. Le règlement intérieur ou le contrat de travail peuvent fixer des consignes vestimentaires qui doivent être justifiées par la nature de l’emploi exercé. Cela peut ainsi être justifié par des questions de sécurité ou d’hygiène, avec par exemple le port de chaussures de sécurité ou de la toque en cuisine, mais également pour des motifs de reconnaissance du personnel avec le port d’uniformes pour certains salariés de supermarchés. A contrario, certaines tenues peuvent être interdites. La Cour de cassation a déjà jugé licite des licenciements fondés sur le port répété de survêtements de sport ou de shorts et de tongs pour des salariés en contact avec la clientèle. Tout est donc question de justification et de proportionnalité. Ces mesures ne doivent toutefois pas être discriminantes et les exigences doivent être les mêmes pour les femmes et les hommes.

    QUELS SIGNES RELIGIEUX SONT AUTORISÉS ?

    Les signes religieux ostensibles (voile intégral, kippa visible, turban) peuvent être interdits pour les salariés dans les entreprises privées si cela relève d’une politique de neutralité, de sécurité, ou que les salariés concernés sont en contact avec le public. En revanche, des signes discrets (petite croix, main de Fatima) sont tolérés s’ils n’interfèrent pas avec le travail. L’interdiction des signes religieux ne doit pas engendrer de discrimination. Une fois de plus, tout est question de proportion et de justification. De leur côté, les employeurs publics sont en revanche soumis à la laïcité stricte (loi de 1905), sans prosélytisme.

    QUELLES SONT LES SANCTIONS POSSIBLES ?

    L’employeur qui sanctionne une tenue non conforme doit prouver la proportion nalité de sa décision. Le fait pour un ou une salarié(e) de ne pas se conformer au règlement intérieur en matière vestimentaire ne peut faire l’objet d’une sanction que si la clause est claire, justifiée et proportionnée. Le ou la salarié(e) qui ne se soumettrait pas aux consignes vestimentaires de son employeur s’expose à des sanctions disciplinaires. Celles-ci vont du simple avertissement pour un événement isolé jusqu’au licenciement en cas d’incidents répétés.

    Johaquim Assedo